Retour page accueil : besoin d'un chien : la préparation
Depuis Janvier 2006, notre école a mis en place un stage de découverte
autour du chien guide, pour toute personne déficiente visuelle en demande,
ce afin de mieux cerner ses besoins et ses motivations.
Suite à la validation de son dossier de candidature, le déficient
visuel est ainsi convié au sein de nos locaux pour deux jours, y compris
pour l’hébergement et les repas, et au cours desquels il rencontrera
plusieurs professionnels de l’école.
L’objectif de cette rencontre est triple :
- Personnaliser la demande
- Faire un état des lieux
- Instaurer un climat de confiance et d’écoute entre le demandeur
et toute l’équipe, gage essentiel de succès.
La convivialité reste un mot d’ordre pour notre association tout au long de ce séjour et nous essayons de recevoir les personnes « comme à la maison ».
Au cours de ce séjour de deux jours, la personne en demande rencontrera plusieurs intervenants :
L’entretien individuel avec le demandeur de chien guide est effectué
par Sandrine HÄHNEL, responsable de l’ensemble du stage.
Il constitue la première rencontre avec l’intéressé(e)
et permet de faire sa connaissance, connaître son environnement et son
mode de vie.
L’objectif est de spécifier ses motivations, ses attentes et ses
besoins.
C’est aussi l’occasion de discuter de l’intégration
du futur chien guide dans sa vie quotidienne.
L’entretien avec l’instructrice en locomotion permet de cerner les difficultés de la personne à se déplacer, et de faire le point sur ses réels besoins. Lors des trajets en extérieur, il met en évidence les acquis de chacun et surtout les éléments à travailler. Lorsque le besoin existe, l’instructrice en locomotion établira avec le demandeur un planning de séances de travail, jusqu’à l’intégration des techniques de déplacement en sécurité. Si la personne a un potentiel visuel résiduel, elle apprendra à s’en servir grâce au travail en locomotion...
A l’aide d’aimants disposés dans un couvercle de boîte métallique, Martine A. la personne déficiente visuelle, représente à l’instructrice en locomotion les rues qu’elle doit emprunter pour montrer qu’elle a bien enregistré le parcours.
Il s’agit d’une rencontre entre le demandeur et son histoire.
A travers cet entretien, la psychologue découvre les motivations du futur
maître de chien guide afin de comprendre les besoins de l’utilisateur
qu’il deviendra.
Elle répond, de manière ponctuelle, aux demandes de suivi personnel
formulées par la personne déficiente visuelle.
L’éducateur donne les informations générales sur le chien guide et explique toutes les étapes de son éducation. Il présente également l’historique de l’ association, son réseau de bénévoles, énumère les salariés et leurs fonctions, explique notre appartenance à la F.F.A.C. (Fédération Française des Associations de Chiens guides d’Aveugles). Ensuite, il accompagne le demandeur dans les lieux de vie quotidiens des chiens : box, salle d’eau, salle de préparation de la nourriture, infirmerie...
L’essai au harnais permet à la personne déficiente visuelle de découvrir le déplacement avec un chien guide. Pour l’éducateur qui l’accompagne, c’est le moment de détecter l’allure de marche confortable du demandeur, d’apprécier son comportement global pendant l’essai, sa relation avec le chien, l’intonation de sa voix, son écoute et le suivi des consignes...
Le bilan de toutes ces rencontres permet à la fin du stage de partager les observations de chaque intervenant, et de connaître le ressenti de la personne déficiente visuelle. C’est le moment, s’il y a lieu, de définir avec elle un accompagnement spécifique et d’exposer l’étape ou les étapes à suivre dans le projet de la demande de chien guide.
« J'étais anxieuse et j'avais beaucoup d'appréhension
lorsque je me suis rendue à l'école de Roncq en janvier dernier,
mais l'accueil de toute l'équipe a été si chaleureux que
je me suis sentie à l'aise.
Je n'ai jamais eu de chien guide. Lorsque Jérôme m'a fait faire
un essai au harnais avec Crusoé, j'étais tendue et pas fière,
mais au fur et à mesure que nous avancions, je me sentais de mieux en
mieux… sauf qu'il ne marchait pas assez vite pour moi.
A la fin du parcours, j'avais l'impression de ne plus avoir de problème
visuel : c'était comme
si j'avais retrouvé une liberté perdue depuis 16 ans !
Le lendemain, j'ai fait un essai avec Cora et Maxime : elle me convenait encore
mieux, car elle marchait plus vite que Crusoé. C'est très agréable
ce sentiment de liberté et de bien être. Moi qui n'aime pas la
canne, je dois dire que ce n'est même pas comparable, tant la différence
est énorme. Avec le chien, plus de flaque d'eau, plus de trous, enfin,
plus d'obstacles !
Depuis que je suis rentrée, je pense à Cora et je me dis que ce
serait super d'avoir un chien comme elle.
Pour l'instant je dois continuer à faire des efforts pour me servir de
la canne.
Dans l'attente de vos nouvelles, je remercie encore toute l'équipe pour
sa grande gentillesse ».
Propos de Martine AUBE (Fécamp - 76).