Retour page accueil : le chien guide : métier des chiens
Durant toute la durée de son séjour au centre ( d’environ
11 mois à 20 mois), les chiens sont pris en charge quotidiennement par
des animaliers qui se relaient sept jours sur sept, 365 jours par an, par équipe
de deux.
Les animaliers s’attachent à préserver les acquis affectifs
du chien ( acquis en famille d’accueil : ils prennent du temps pour jouer
avec eux, pour les détendre. Ce sont eux également qui s’occupent
des soins quotidiens du chien (les brosser, les laver, les nourrir, nettoyer
les boxes…).
Il est important que les soins soient dispensés tout en s’assurant
de réduire au maximum toutes sources de stress qui pourraient compromettre
le potentiel des chiens à devenir chiens guides.
C’est le moniteur qui prend le premier en charge le chien qui vient de
quitter sa famille d’accueil. Il fait avec lui des exercices à
la laisse, évalue les acquis de sa pré-éducation et poursuit
le travail au harnais.
Il vérifie la régularité de sa marche, ses arrêts
à la bordure du trottoir, l’obéissance aux ordres directionnels,
sa concentration (ne pas renifler, résister à l’attirance
de ses congénères..) et son rappel.
Il lui apprend l’évitement des obstacles en milieu urbain : le
contournement des poteaux, des poubelles, des voitures en stationnement illicite…
Il travaille avec lui la recherche de siège, de porte, de guichet bancaire,
de la boîte aux lettres, de l’accès aux transports en commun
ou encore de la caisse dans un magasin…
Il vérifie que le chien repère les escaliers et en présente
correctement les marches, les abris bus, les entrées de métro…
L’éducateur prend le relais et poursuit la formation du chien.
Il utilise les capacités de réflexion du chien, pour qu’il
désobéisse intelligemment s’il sent que son maître
est en danger : dans le cas par exemple d’un trou sur le trottoir à
cause de travaux, le chien refusera d’avancer malgré l’ordre
de son maître et se positionnera en travers de ses jambes pour l’obliger
à s’arrêter.
L’éducateur va se mettre en situation de danger pour vérifier
que le chien a bien compris son rôle de protection.
Une fois le chien en fin d’éducation, l’éducateur
le teste auprès d’un de ses collègues, qui se met volontairement
« sous bandeau ». Ainsi, il peut, «en conditions réelles»,
analyser les points forts et faibles de son chien.
Si le chien réussit avec succès les différents exercices,
alors il est temps pour lui de faire le bonheur d’une personne déficiente
visuelle.
Parallèlement au travail d’éducation des chiens, l’instructrice
en locomotion travaille avec la personne déficiente visuelle pour l’aider
à mieux gérer ses déplacements avant l’arrivée
de son chien.
Ce travail d’accompagnement se déroule à l’école
et sur le lieu d’habitation du demandeur.
Apprendre à mieux appréhender l’espace, mieux se déplacer
de façon autonome, en toute sécurité est l’un des
objectifs de la locomotion.
La locomotion s’adresse aussi bien à des personnes aveugles que
malvoyantes.
La locomotion ne se résume pas qu’à l’utilisation
de la canne blanche.
· Elle s’appuie sur un acquis psychomoteur.
· Elle sollicite les moyens de compensation sensorielle.
· Elle exige un développement de l’observation, du sens
de l’orientation, de la capacité de visualisation.
· Elle met en jeu l’utilisation de repères, de la mémoire,
du raisonnement et de la réflexion.
En locomotion, l’objectif ne se réduit pas à l’apprentissage
de quelques itinéraires déterminés. Il vise l’acquisition
d’une maîtrise de l’environnement, d’une facilité
d’adaptation nécessaire pour transposer les connaissances acquises
en fonction des situations.
Ce travail peut durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Toutefois, cela
reste un pré requis avant la remise d’un chien guide.