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Le fabuleux destin d'UTOPIE : la famille d'accueil.

J'adore ma famille d'accueil. Je m'y sens bien.

D'abord, il y a Marie Françoise. C'est elle le chef, elle me donne à manger et s'occupe de mon éducation. Je ne sais pas comment elle fait, mais avec elle, il est très très difficile de faire des bêtises. Elle doit avoir un sixième sens pour anticiper et vous avez à peine esquissé une bêtise qu'un "NON" sec et cinglant vous enlève toute envie de continuer.

De ce fait, je ne quémande pas à table, je ne monte pas sur les fauteuils, j'évite les sièges de la voiture, je ne chipe rien et je déchiquette peu... Finalement, à mon palmarès, j'ai quelques feuilles de ficus (Ficus Benjamina, délicieux !), le transport intempestif d'un appareil de photos (numérique bien sûr) et c'est à peu près tout.

Mais entre nous deux quelle complicité ! J'aime particulièrement quand, munie de mon gilet de travail, nous allons là ou les chiens n'ont pas l'accès. Très souvent, quelqu'un nous interpelle, " Madame, ici, les chiens sont interdits " et c'est parti .. Explications de Marie Françoise, sortie de la carte d'élève chien guide et surtout " UTOPIE, couché ...", je m'exécute, position du sphinx, regard labrador numéro un (celui qui fait craquer), il ne me manque que l'auréole .... Quasiment toujours, cela se termine très bien, la personne qui nous avait interpellé nous donne la permission de continuer. De ce fait, je suis allée presque partout : le train, le métro, l'autobus, le spectacle, le restaurant, les musées, les grands magasins et même le boucher et le boulanger chez qui les odeurs sont si folles!

Le top du top, c'est le tenu place. Toujours dans un grand magasin ou un hyper, Marie Françoise lâche ma laisse, me dit : "UTOPIE pas bouger" et elle va un peu plus loin faire semblant d'être intéressée par quelque chose. Je détecte son taux d'adrénaline qui monte, mais je suis impec, j'attends, imperturbable, insensible aux têtes effarées des gens. Reprise de la laisse, "UTOPIE,debout", je me lève et on repart : plus fière que moi tu meures!

Ensuite, il y a Bernard, et là c'est le maillon faible. J'arrive encore assez bien à le rouler, il faut dire que c'est un scientifique alors pas très difficile ! Mon coup préféré, le soir vers les minuit, une heure du matin, la petite musique de windows qui se ferme me réveille et je vais devoir aller faire mes derniers besoins. Regard vaseux, gros bâillements, étirement successif de chaque patte arrière, tout de l'animal qui ne demande qu'une chose: dormir. La porte du jardin s'ouvre, je suis dehors et changement radical : forme immédiate ... exploration de la pelouse au cas ou ..., étude des diverses odeurs de la nuit ... tentatives d'amélioration du record du tour de pelouse départ arrêté ... reprise des travaux de terrassement ... enfin la totale et pas de besoins ! Lui, à la porte, il commence à prendre froid. Finalement, il sort, "UTOPIE, TES BESOINS ! ". Gagné, j'en connais un qui va encore se coucher avec les pieds tout froids.

Et puis, il y a les petits enfants. Quand ils débarquent, c'est la tornade, toute l'organisation bien huilée du "sweet home" vole en éclats. Il a Emma, 7 ans, une pêche d'enfer, qui me change radicalement de la sérénité habituelle de Marie Françoise et Bernard. Elle court, elle crie, elle s'occupe beaucoup de moi, on joue, on chahutte, et quand, par hasard, elle m'a oubliée, je vais la voir pour en remettre une couche. Ensuite, il y a Alice, 4 ans, toujours très effrayée par ma prestance. Mais, c'est du chiqué, lorsque je regarde les dessins animés à côté d'elle, elle ne manifeste aucune peur. Et, enfin, il y a Louis, 2 ans, je l'adore. Dès que je suis à moins de deux mètres de lui, il pleure à chaudes larmes, mais quand je suis loin, il m'appelle. De ce fait, un astucieux assemblage de barrières aux portes divise la maison en deux zones distinctes, la sienne et la mienne. Il possède une énorme qualité, sa façon très personnelle de manger. Là, il y a des occases à ne pas manquer. Bien repérer la fin du repas, généralement signalée par la chute d'une assiette ou d'une timbale, et profiter du court laps de temps de l'essuyage de la bouche et du transfert dans sa zone pour foncer sous la chaise haute et profiter au maximum de tout ce que ce charmant bambin a pu envoyer, à mon intention, sur le sol.

Il ne faut pas oublier les visites. Toujours très intéressantes, surtout quand ce sont des non voyants ou des familles d'accueil, cela entraîne des parties de plaisirs avec mes collègues, je ne vous dis pas ! Un chien guide, sans son harnais, quand il ne travaille pas, c'est un compagnon de jeu super et avec Rose, Panka, Leska, Leader et les autres, on s'éclate terrible.

Fin de la page. Dernière mise à jour : le 12-08-2005

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