Retour page accueil Histoire des chiens guides Les débuts . Albert Plécy. Les Chiens Guides d'Aveugles des Flandres.


A quand remonte le chien guide ?

Un peu d’histoire avec la vie des chiens au temps de MONTAIGNE

Merci à Monsieur Jean H. résidant à Marcq en Baroeul, qui a redécouvert pour nous ce texte en vieux français de notre grand moraliste Michel de Montaigne, témoignant du travail des chiens guidant les aveugles.

Extrait du Livre II, chapitre 12 « Considérations sur les animaux et leur intelligence »

« …Je remarque avec plus d’admiration… les chiens dequoy se servent les aveugles et aux champs et aux villes : je me suis pris garde comme ils s’arrestent à certaines portes d’où ils ont accoutumé de tirer l’aumosne, comme ils évitent le choc des coches et des charrettes, lors mesme que pour leur regard ils ont assez de place pour leur passage ; j’en ay vu, le long d’un fossé de ville(*) laisser un sentier plain et uni et en prendre un pire, pour esloigner son Maistre du fossé. Comment pouvoit-on avoir faict concevoir à ce chien, que c'estoit sa charge de regarder seulement à la seureté de son maistre, et mespriser ses propres commoditez pour le servir ? et comment avoit-il la cognoissance que tel chemin luy estoit bien assez large, qui ne le seroit pas pour un aveugle ?»

(*) Note de Monsieur Jean H. : « le fossé de ville » est un caniveau étroit et profond au milieu des ruelles pour y servir de tout à l’égout par déversement direct »

Pendant la première guerre mondiale, un médecin militaire allemand s'aperçut que son chien (un berger) assistait spontanément un aveugle dans ses déplacements.

En 1929, le centre de dressage de chiens guides de POSTDAM donna l'idée aux américains de fonder une grande école " THE SEEING EYE " (l'oeil qui voit).

En 1933, l'élan gagne la Grande- Bretagne.

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Les débuts.

En France, l'histoire des chiens guides débute à CAYEUX en 1951. Cette année là, Paul Corteville, en vacances, fait la connaissance d'un non-voyant. Par de longues discussions, il découvre son monde solitaire et froid. De cette rencontre, naît chez Paul Corteville le désir d'apporter aide et réconfort sous la forme du CHIEN GUIDE.

De retour de vacances, ne pouvant compter sur l'appui d'aucune aide extérieure, il met au point seul sa propre technique d'éducation. Pendant une année, chaque matin avant son travail (il est artisan débarreur) et chaque soir après avoir quitté son atelier, il éduque Dicky.

Dicky est la première chienne guide en France, Paul Corteville l'offre alors à son ami aveugle M. Blin qui retrouve une indépendance perdue et un goût de vivre oublié. Ce succès ne peut s'arrêter en si bon chemin, Paul Corteville s'investit totalement dans son œuvre.

Avec son ami Gaston Loncke, il crée au sein d'un club de dressage de Roubaix une section chien guide qui lui permet d'offrir gratuitement des chiens à des non voyants. Jacques De Reviere viendra le rejoindre et ensemble, ils réussiront à offrir 6 à 7 chiens par an à des non-voyants.

Ses loisirs comme ses ressources sont consacrés à l'éducation des chiens, issus de la S.P.A, qui sont tous remis GRATUITEMENT aux non-voyants. Au début, l'Association ne vivait qu'avec le seul bénéfice de la quête nationale du deuxième dimanche de novembre pour les aveugles dont elle recevait une petite partie (cinq mille francs).Bientôt, Paul Corteville ne peut plus seul subvenir aux dépenses nécessaires, il se trouve devant de graves difficultés financières, et, bien malgré lui, il pense sérieusement en 1970 devoir abandonner son oeuvre.

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Albert Plécy et le Parisien Libéré

C'était sans compter sur l'intervention de non voyants à qui il avait redonné le goût de vivre. Ceux-ci vont se mobiliser pour alerter la presse, la radio. En particulier, l'un d'eux, Monsieur Delecolle envoya au Rédacteur en chef du Parisien Libéré une lettre qui va entraîner celui dans une action décisive pour l'avenir des chiens guides en France.

Albert Plécy, alors rédacteur en chef du Parisien Libéré, touché par l'oeuvre de Paul Corteville décida de mener une campagne en faveur des chiens guides d'Aveugles de Roubaix. Il publia une série d'articles, suscita de nombreux dons de la part de ses lecteurs et même créa des abonnements spéciaux dont la moitié du montant revenait au club.Il écrit même un livre sur les chiens guides d'aveugles et Paul Corteville.

Grâce aux milliers de sympathisants que le club s'est alors découvert, en septembre 1972, le club des Chiens Guides d'Aveugles des Flandres s'installe à WASQUEHAL (avant, les chiens étaient éduqués, logés, nourris chez Monsieur et Madame Corteville). En 1974, cinq éducateurs rejoignent Paul Corteville et  Jacques De Reviere et cette année là une trentaine de chiens quittent l'école.

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Les chiens guides d'aveugles des Flandres.

En 1987, l'école s'installe dans une ancienne ferme réaménagée pour permettre d'éduquer des chiens et de recevoir des non-voyants dans de meilleures conditions.

Depuis Dicky, plus de mille chiens guides ont été remis gratuitement  par l'association à des non-voyants et un réseau national s'élargit chaque jours. En 1997 l'Association compte 9 éducateurs formés ou en formation.

Début 1998, le chenil pour l'antenne nouvellement créée " Chiens Guides de NORMANDIE " à  EVREUX est opérationnel. Sa fusion avec l'Association "le chien au service de l'homme" a donné naissance le 10 Novembre 2001 à ,"Normandie Chiens Guides".

En 1999 l'Association emploie dix neuf personnes dont onze éducateurs et moniteurs canins. Elle prend une nouvelle appellation : CHIENS GUIDES D'AVEUGLES, CENTRES PAUL CORTEVILLE.

Octobre 2001, inauguration de l'École Marguerite Puhl Demange à WOIPPY près de Metz et création le 19 Décembre de l'Association Chiens Guides du Grand Est.

Pour dresser un chien guide d'aveugle, il faut marcher 5 heures et parcourir vingt à vingt cinq kilomètres chaque jour pendant 3 ou 4 mois. Cela fait deux mille kilomètres par chien. Le "bon monsieur Corteville" en a dressé soixante. Cet homme a donc parcouru cent vingt mille kilomètres, trois fois le tour de la terre en vingt ans, pour donner aux aveugles des compagnons et des yeux.

"Les chiens, ça console de tout. Même des hommes. C'est à se demander si nous méritons encore des bêtes comme ça" (Paul Corteville) .

Fin de la page. Dernière mise à jour, le : 15 juin, 2008

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