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Sommaire du numéro 65  Remises de chiens guides  Actualités   Dossier  Leurs témoignages  Dons ou legs   Nos parrainages.

Dossier : Vous avez dit : « Zone 30… », et les chiens guides alors ?...

Dans le cadre d’une commission de travail sur l’accessibilité des personnes déficientes visuelles, la ville de Valenciennes, le CHAT (Collectif Handicapés Accessibilité pour Tous) présidé par Pierre HOURIEZ et Winston, et le SITURV (Syndicat des Transports Urbains de la Région de Valenciennes) ont invité notre école à tester les zones 30 de la ville, aménagées au titre d’une expérimentation de repérage pour les chiens guides. C’était le 1er mars 2005, 10 maîtres de chiens guides, quelques éducateurs et leurs élèves chiens guides ont arpenté les rues de Valenciennes par un froid vif…

Caractéristiques de la zone 30 :

Depuis plusieurs mois, nous voyons s’accélérer la pose de nouveaux panneaux de signalisation, marqués « Zone 30 ». Quelle est leur signification ?

Toute zone 30 est délimitée par un panneau de signalisation routière. A l’entrée d’une zone 30, la route est surélevée pour ralentir les automobilistes. Normalement, le conducteur d’un véhicule doit rouler à 30 kilomètres par heure afin de pouvoir s’arrêter, pour laisser le passage au piéton prioritaire lors de la traversée de chaussée. Ces zones autorisent le piéton à traverser là où il le souhaite. La pose d’un marquage au sol ( passage pour piéton) n’est pas obligatoire.

Dans certains de ces lieux, le trottoir et la route sont au même niveau (absence de bordure ou bordures de 2 cm ). Ceci facilite le déplacement des personnes en fauteuil et également des poussettes. Une personne âgée ne risque pas de perdre l’équilibre et de chuter au moment de la descente ou de la remontée de trottoir, puisqu’il n’y a plus de relief.

Dans ce cadre, le chien guide et la personne déficiente visuelle n’ont pas de repère pour traverser.

Comment faire ?

La personne déficiente visuelle ne sait pas où se termine le trottoir par rapport à la route. Elle ne peut pas non plus localiser le lieu de traversée. En effet, il n’y a pas de marquage au sol que le chien guide a appris à repérer (les lignes blanches du passage pour piéton), ni de bande d’éveil à la vigilance (BEV) qui sont des bandes permettant de localiser tactilement avec les pieds, le lieu de traversée. Lorsque la personne déficiente visuelle est sur une BEV, elle sait que son chien guide a correctement donné les lignes, car, si elle ressent la BEV sous ses pieds, elle sait que le zébrage est devant elle et qu’elle peut traverser en sécurité à cet endroit précis.

Proposition d’une expérimentation sur les zones 30 avec des utilisateurs de chien guide, pour aider nos chiens guides à se repérer :

Les acteurs :

8 personnes déficientes visuelles accompagnées de leurs chiens guides, de tous âges étaient présentes, se répartissant ainsi :

Le marquage de la chaussée :

Pour la circonstance, plusieurs aménagements spécifiques afin de matérialiser la traversée avaient été mis en place :

La consigne :

L’objectif était d’observer si le chien guide est capable de localiser ces éléments aménagés sur le sol pour l’expérience, dans une zone qui en est totalement dépourvue. Cette expérience se faisait sur un parcours allant d’un point A vers un point B, tout le parcours étant en zone 30.

Les questions :

Sur demande du maître :

Les résultats de l’expérimentation de la zone 30 «aménagée» :

Le parcours proposé a permis aux utilisateurs d’emprunter tous les aménagements réalisés pour l’expérimentation.

Les passages cloutés, les bandes d’éveil à la vigilance, aux formes et longueurs différentes, les traversées à bordure restreinte, ont interpellé nos maîtres de chiens guides et leurs compagnons et les ont obligés à se poser bien des questions...

Chien guide et passage dans les zones cloutées : une fois la traversée engagée, nous n’avons pas noté d’influence particulière des clous, sur le déplacement du chien guide.

Chiens guides et bandes d’éveil à la vigilance (BEV) :

Les BEV en caoutchouc blanc. L’essai avec la BEV en caoutchouc blanc est positif. Les chiens guides la localise visuellement puisqu’elle est contrastée avec le sol. De plus, ils marchent dessus sans la craindre. Le maître peut contrôler le travail correct de son chien guide puisque lui-même localise podotactilement la BEV.

Au niveau des traversées, avec les BEV en plots inox accompagnées d’un marquage d’une ligne blanche, les maîtres n’ont pas été mis en danger. La plupart des chiens guides ont pris l’initiative de s’arrêter, ont repéré le contraste blanc de la ligne et l’ont assimilé à un passage piétons. Toutefois, le maître de chien guide n’a pas pu confirmer le travail de celui-ci, faute de localisation podotactile de la BEV, le chien préférant éviter les plots inox...

Les BEV en plots inox sans marquage d’une ligne blanche, sont un échec pour les utilisateurs de chien guide. En effet, Le chien ne marque pas l’arrêt, et ne la repère pas à cause du manque de contraste. Il s’arrête à côté. Ceci est dû à la recherche de confort par le chien. Les BEV en inox sont très froides en hiver et auront tendance à capter la chaleur en été. Les chiens vont interpréter cette sensation comme inconfort. Ils vont donc faire éviter les BEV en inox à leur maître. Dans ce cas, le maître ne peut ni localiser le lieu de la traversée, ni comprendre le travail de son chien puisqu’il ne ressent pas sous ses pieds, la BEV.

Chiens guides et BEV plus courte que la zone de passage. Nous avons observé que les BEV étaient de longueur variable et souvent plus courtes que la zone de passage. Après la demande de «trouver les lignes», le chien guide se dirige correctement vers celles-ci. Mais, comme les BEV sont plus courtes que la zone matérialisée par les lignes, le chien se place à côté de la BEV, sans que son maître ne puisse interpréter qu’il n’est pas situé au milieu de la traversée.

Chiens guides et traversées avec bordure de 2 cm sans aménagement :

Dans ce cas, nous avons observé l’échec de l’ensemble des chiens guides. Le chien n’a pas interprété la bordure de trottoir, puisqu’elle est quasi inexistante. Il n’a donc pas marqué naturellement l’arrêt. Le maître peut donner l’ordre de «chercher les lignes» mais le chien ne peut y répondre conformément à l’éducation qu’il a reçue. Le maître et le chien ne se comprennent plus! Volontairement, aucun aménagement ( absence de BEV et de marquage au sol) n’était présent pour compenser la difficulté sur ce lieu.

La conclusion

Une zone 30 sans aménagement de BEV et de marquage au sol conduit le chien guide à l’échec. Des aménagements sont indispensables pour optimiser la sécurité du maître et du chien guide. Il est important que la BEV offre des contrastes. Le matériau utilisé doit être confortable et la couleur favoriser la localisation de la traversée pour le chien. Dans tous les cas, le chien guide a la capacité de comprendre et apprendre des codes, s’ils sont correctement implantés et identifiables. De même, l’uniformisation de ces codes d’une ville à l’autre, doit constituer une chaîne cohérente capable de renseigner l’ensemble des passants.

Propos recueillis auprès d’Elodie LAGACHE - Instructrice en locomotion par Josiane COUTEAU.

fin de la page. Date de la dernière mise à jour : 21 juillet, 2005 .

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