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Sommaire du numéro 64  Remises de chiens guides  Actualités   Dossier   La saga des chiens guides  Leurs témoignages  Dons ou legs   Nos parrainages.

NOS AMBASSADEURS TEMOIGNENT ....AVEC LEUR COEUR....

Les impressions de nos utilisateurs de chiens guides continuent d’arriver à l’école. Elles prennent même parfois la forme d’un poème. Nous souhaitons vous en faire profiter.
Joe Q. a 50 ans et il est non voyant depuis l’âge de 14 ans. « Pendant longtemps, je n’osais pas me promener, j’avais peur des réactions… » Après avoir appris à maîtriser la canne blanche, Joe a acquis une certaine mobilité dans ses déplacements, mais elle était restreinte. Le rendez-vous régulier avec les joueurs de pétanque lui fait rencontrer quatre utilisateurs de chien guide, et c’est « le déclic !». Joe fait sa demande. Depuis, Soum, le chien guide qui lui a été remis, l’accompagne partout : « c’est un nouveau départ, je peux sortir beaucoup plus ». On va jusqu’à Rouen avec les transports en commun ». « Désormais, Soum vient avec moi à la pétanque... ». Joe n’a qu’un seul regret : ne pas avoir demandé de chien plus tôt. « Maintenant que je vois tous les services qu’il me rend, j’incite les non voyants à demander un chien guide, c’est une réelle avancée… ». Joe a déjà des projets plein la tête. Les prochaines étapes : se promener dans le forêt et aller à la plage. Tout un programme !.

Christiane G. se déplaçait à l’aide d’une canne avant l’arrivée de Sysley, chienne guide labrador noire. « si je reste chez moi, je suis fichue. Je n’accepte pas beaucoup les échecs. Avec la canne, j’étais concentrée sur ce que je devais faire. J’allais spontanément sur l’obstacle ». Quand on sait que Christiane ne raterait pour rien au monde ses rendez-vous à la gym et la chorale, que son plus grand plaisir est de parcourir la ville, traverser les boulevards, monter dans le bus. Des gestes simples, qui sont devenus réalité sans que personne ne lui tienne le bras, mais qu’elle accomplit grâce à Sysley. « Avec la canne, j’étais concentrée sur mon parcours et sur les obstacles. Avec un chien, je suis plus détendue, plus calme. Je prends plus de plaisir à sortir. Et puis, je ne suis plus toute seule. Le chien me donne un équilibre dans mes déplacements, je n’ai plus l’air d’une automate… » Une nouvelle vie a commencé !

Rose guide Hélène P. depuis mars 2001. Avant son arrivée, Hélène avait appris à se servir de la canne blanche et à mémoriser tous les chemins qu’elle ferait avec son futur chien guide. Depuis son arrivée, Blanchette (la canne) est AU PLACARD !. Avec sa maîtresse, Rose a mis 6 mois pour former un vrai tandem. Quand Rose est en RTT, voici toutes ses pensées :

Quand je pars au travail
Au départ, je trénaille
Hélène dit : « en avant »
C’est parti, les oreilles au vent.

Lorsque je guide
Je fais le vide,
Je ne pense à rien
J’ignore tous les chiens.

J’évite les poubelles
Je contourne les échelles
Je fais le tour des flaques d’eau
Regardez mon bon boulot !

Nous, on est toujours sur les routes
Même s’il pleut quelques gouttes
On sortira coûte que coûte

Du moment que je mets mon harnais
Que je parte tous les jours travailler
Peu importe où ça mène
Moi, j’aime guider Hélène.

On marche d’un bon pas
Hélène sait où on va
Sinon, on demandera.

Quand l’heure de la retraite sonnera
C’est vraiment sûr que l’on me gardera,
Un nouveau guide me succèdera.
Rose à Hélène.

C’est Laurent O. qui s’exprime sur le départ de Huggy son premier chien guide (remplacé par Ulysse - voir remises dans ce magazine- s’applique pour le consoler). «Lorsqu’il est arrivé, il fallait qu’il fasse sa place. Sa place, il se l’est faite, un coup au soleil, un coup à l’ombre. C’était le roi des pantoufles, il aimait jouer tantôt avec celles de ma mère, et tantôt celles de mon père. Huggy est parti et les pantoufles sont maintenant toujours à leur place. Les souvenirs, ce sont de grandes balades que nous avons faites ensemble, les courses, tes caresses et tes câlins me manquent... Mon chien s’appelait Huggy. Ton maître qui pense à toi».

Laurent.

Si vous le souhaitez, la suite dans le prochain numéro...

Confidence pour confidence !…

A 33 ans, je rêvais d’être chauffeur de car, un métier qui me passionnait . Malgré les difficultés de ma vie familiale (j’assumais seule mes trois enfants), je mettais tout en œuvre pour réaliser mon vœu. Et j’y étais arrivée !

Seulement, c’était sans compter ce jour de juin 99 où l’ophtalmologiste qui me faisait passer l’examen obligatoire, m’annonça froidement que j’étais atteinte de la maladie génétique de Leber : en 2 mois de temps, je n’y voyais plus ! et c’était irrémédiable !

Que de questions dans ma tête : pourquoi moi ? comment allais-je régler mon quotidien ? et mes enfants ?

Ma seule solution, je la voyais dans la présence d’un chien guide à mes côtés. Après avoir fait ma demande, j’ai appris dans un centre de rééducation à transposer tout mon savoir-faire et mes acquis, « sans les yeux ». Et puis, en octobre 2001, Panka est arrivée avec sa joie de vivre, son dynamisme.. en un clin d’œil, elle avait ensoleillé la maison ! Panka me guide avec beaucoup d’attention. c’est un véritable plaisir d’aller en course, me balader, aller chercher mes enfants à l’école. Plus de stress comme avec la canne blanche pour deviner quel obstacle je vais rencontrer. Panka avec aisance m’évite tout ! Et quand j’ai le cafard ? Panka le ressent immédiatement, elle vient me faire des câlins ou m’apporter sa balle. D’un coup de museau, elle me fait comprendre « tu as perdu la vue, pas la vie ! ».

Des roulades spectaculaires dans le jardin aux longs parcours ensemble sur tous les chemins, je ne pourrais plus imaginer ma vie sans Panka.

J’aurais souhaité connaître Paul Corteville, cet homme si généreux… je remercie toutes les personnes qui continuent son œuvre : donner la lumière et l’amour par le chien guide à toutes les personnes déficientes visuelles…

Véronique D et Panka.

Frank P. exprime son amour pour PITA :

Vêtue tout de noir, telle un fourreau de satin,
douce comme la soie, pétillante comme le champagne.
Yeux en amandes, couleur noisette pâle,
brillant de mille feux, tel l’éclat d’un diamant.
Ils ne sont pas pesés en carat, mais leur valeur est inestimable.
Non pas façonné par un joaillier, et pourtant, le plus beau bijou tu es.
Bijou de ma vie, bijou de ma nuit, ton cœur me sourit.
Sourire de plaisir quand je t’écoute gambader,
Sourire de délire quand tu veux jouer,
Sourire de désir quand tu veux te faire caresser.
Jour après jour, nuit après nuit,
Du matin au soir et du soir au matin,
Ta vie tu m’as donné, la vie tu m’as apporté.
Et sans jamais compter, chaque seconde tu me donne de toi,
Tout comme ces secondes où tu es dans mes pensées.
A deux, nous sommes toi et moi,
Et ensemble, nous serons moi et toi.
La LIBERTE tu m’as donné,
De mon amour, je t’assurerai.
Dans ma nuit sans aurore,
Jamais il ne vaudra, de cette terre tout l’or que l’on puisera.

EH OUI, NOUS AVONS LE B.A.F.A. (Brevet d’Aptitude à la Fonction d’Animation).

Et c’est une première en France! Orée pense: «Dommage que mon nom ne soit pas sur le diplôme, car j’y étais, ... moi !...»
Karine B. témoigne...

«Voilà 4 ans maintenant que nous animons des centres de vacances pour adultes et enfants. Sans Orée, jamais je n’aurais pensé animer. Et même aujourd’hui, je ne peux me passer d’elle dans cette activité. En effet, non seulement elle me prête ses yeux, mais elle accentue encore plus le lien pour franchir la différence. Il y a tellement d’anecdotes à raconter... 1 ou 2 à partager : j’ai découvert que Orée était chien de berger, car en sortie, nous nous placions toujours à l’arrière du groupe, et Orée tapait gentiment de son museau le mollet des enfants en retard, ou elle aboyait quand un enfant sortait du groupe.

Orée fait le ménage : quand les enfants arrivent au centre, ils rangent à leur façon. Mais quand ils s’aperçoivent que Orée ramasse tous les objets dans les allées et les ramène dans le bureau de la Direction, et surtout qu’elle emmène les biscuits et les bonbons qui traînent, pas de long discours, tout se range sans rien dire.

Bien plus que ma complice pendant notre travail, elle est la confidente des enfants et la partenaire idéale de foot.

Depuis 4 ans que nous sommes ensemble, quel bonheur, quelle complicité énorme, même inexplicable. Je dois vous l’avouer, si elle n’était plus là, je ne serais plus là non plus. Maintenant, nous avons un travail en CDI...».

fin de la page. Date de la dernière mise à jour : 22 avril, 2005

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