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Sommaire du numéro 60 Remises de chiens guides Actualités Dossier : l'accessibilité. En Voiture pour Londres Chronique de vacances Dons ou legs Dernières nouvelles Nos parrainages

L’ACCESSIBILITE.

Un lieu est accessible s'il est accessible à tous : personne en fauteuil, personnes âgées, personne déficiente visuelle, auditive ou mentale ou tout simplement personne qui porte ou pousse un enfant, un objet lourd et encombrant, personne avec des béquilles. Un lieu est accessible s'il permet la sécurité, l'autonomie et le confort.

L'accessibilité concerne toute la population. La richesse des espaces de vie ne doit pas s'élaborer à partir d'un être humain standard. Ce sont toutes nos différences qui font la variété de la vie, et c'est cette richesse que l'aménagement doit prendre en compte.

Spécialiste de la locomotion, mon lieu de travail privilégié est la rue. En contact régulier avec des personnes déficientes visuelles en situation de déplacement, mon regard s'est inévitablement formé à repérer tous les aménagements adaptés mais aussi tous les manques qui existent dans notre région.

Avant de montrer du doigt les lacunes et de saluer les initiatives intéressantes, réfléchissons sur les caractéristiques de l'accessibilité pour les personnes déficientes visuelles.

Pendant de longues années, le mot « accessibilité » a été associé par nous tous à un petit fauteuil roulant. En effet," le lobbying "des personnes handicapées physiques était si fort et les associations défendant leurs droits si puissantes, qu'elles ont été longtemps les seules à tirer la sonnette d'alarme pour que les pouvoirs publics aient une vraie politique d'intégration qui passait inévitablement par un aménagement de la voirie et des locaux.

Il est vrai d'ailleurs que le déplacement en fauteuil est exigeant et demande des aménagements souvent très lourds qui doivent être intégrés au moment même de la construction.

L'accessibilité pour les personnes déficientes visuelles, demande souvent moins de travaux de gros oeuvre mais avant tout, une bonne connaissance des spécificités de ce handicap encore mal connu.

Exigences et spécificités d'un handicap mal connu.

Avant toutes considérations, il est important de distinguer dans les quatre vingt cinq mille personnes déficientes visuelles de la région Nord Pas-de-Calais, les personnes souffrant d'une mal voyance grave, des personnes atteintes de cécité. En effet les personnes malvoyantes sont seize fois plus nombreuses que les personnes aveugles et elles n’ont pas toutes les mêmes besoins.

En plus d'être beaucoup plus nombreuses, les formes de mal voyance sont très diverses : perte de la vision des couleurs, perte du champ visuel périphérique ou central, vision floue, forte sensibilité à la lumière…

Ces différences compliquent la tâche car ce dont a besoin une personne, risque de gêner une autre. Malgré tout il est possible de garder à l'esprit quelques grandes idées qui simplifieront la vie de tous.

Pour les personnes non voyantes :

Leurs difficultés se basent sur l'orientation et la détection d'obstacle. Dans la rue le danger principal est constitué par les traversées. C'est le rôle des Bandes d'Éveil de Vigilance de prévenir du danger depuis 1989, elles doivent être intégrées à l'aménagement de tous les nouveaux carrefours. Les répétiteurs sonores des feux de circulation doivent eux être intégrés à tous les nouveaux carrefours depuis le 1er octobre 2002, ils permettent aux personnes déficientes visuelles de connaître la période où il est possible aux piétons de traverser les voies de circulation. Enfin, les personnes non voyantes ont besoin d'un environnement stable.

Pour les personnes malvoyantes

Éviter les pièges visuels :

Les miroirs, les baies vitrées, les surfaces réfléchissantes que l'on trouve beaucoup dans la station de métro République Beaux-Arts à Lille par exemple, sont autant d'aménagements qui risquent de ne pas bien être interprétés visuellement.

Les escaliers

doivent être bien éclairés. Afin de bien percevoir les marche. Il est intéressant que les contremarches et le nez des marches soient d'une couleur différente.

L'éclairage est essentiel.

A l'intérieur il doit être régulier, suffisant et bien réparti. La présence de stores, rideaux, voilages…aux fenêtres est intéressante afin que la personne puisse elle-même régler la quantité de lumière qui lui convient. Dans la rue, un éclairage correct la nuit est indispensable.

La signalétique

doit constituer une chaîne d'informations cohérente propre à renseigner le passant. Cette chaîne ne doit être rompue à aucun moment, elle doit être claire, logique, contrastée, lisible et éclairée.

Les panneaux ne doivent pas constituer des obstacles en hauteur qui ne seraient détectés par le chien guide ou la canne, la personne doit pouvoir s'en rapprocher pour une lecture plus facile.

Augmenter les contrastes visuels :

Créer des contrastes, c'est accentuer la nuance de couleur qui existe entre deux choses. Les contrastes peuvent jouer deux rôles : l'orientation et la détection des obstacles. Dans la rue, une bordure de trottoir peinte en blanc indique l'axe de déplacement à suivre par contre des bandes blanches quasiment effacées au niveau d'un passage piéton complique le travail du chien guide ou le repérage de la personne.

Pour l'ensemble des personnes déficientes visuelles :

Protéger les zones de travaux,

même pour une période de courte durée, sécurité, orientation et confort doivent être maintenus.

Lutter contre le stationnement illicite :

Le stationnement sur les traversées piétons, à un point d'arrêt de bus ou sur le trottoir, sont autant de gestes d'incivilité par lesquels les automobilistes perturbent le cheminement des piétons déficients visuels et portent atteinte à leur sécurité.

Quelques points forts dans la région Nord - Pas de Calais :

Le métro

de la métropole lilloise est un des plus sécurisé de France. En effet, grâce aux portes vitrées qui protègent les quais, il est impossible de tomber dans la fosse. Des annonces sonores indiquent tous les arrêts et chaque station est équipée d'un ascenseur avec les indications en braille.

L'accessibilité des lieux touristiques

a toujours été une priorité de la région qui n'a pas attendu l'arrivée du nouveau label " Tourisme Et Handicap " pour mettre en place des outils d'évaluation afin d'accompagner les structures à aménager leur site. Des structures comme Nausicaa à Boulogne sur Mer, le Parc de Romelaëre à Saint Omer (62, Pas de Calais) ou le Musée de Valenciennes (59, Nord), sont autant d'exemples de lieux qui ont eu un réel souci d'accessibilité.

Les agents d'accueil de la SNCF

dans notre région mais aussi ailleurs ont reçu une formation à la technique de guide. Ils permettent à de nombreuses personnes déficientes visuelles de trouver leur train et de se déplacer dans la gare. Les chiens guides pour leur part ne payent pas " leur billet " s'il n'y a pas un accompagnateur.

Lanternes rouges : les progrès qui restent à faire.

Si les villes font de plus en plus d'efforts pour aménager la voirie aux personnes à mobilité réduite, les petites communes ou les villages de la région Nord- Pas de Calais ont encore de gros efforts à faire. Il faudrait pouvoir aménager les carrefours dangereux et offrir des trottoirs suffisamment larges pour qu'une personne déficiente visuelle et son chien puissent se déplacer en toute sécurité.

L'aménagement des centres villes qui deviennent des zones « 30 » comme le centre de Lille se voient supprimer toutes les bordures de trottoir. Ce sont pourtant des repères indispensables pour les personnes handicapées de la vue. Il faudrait pouvoir les remplacer par des cheminements contrastés ou autres bandes de guidage.

Les bâtiments publics comme les postes, les centres de sécurité sociale ou même les cliniques et les hôpitaux ont très rarement étaient réalisés avec un souci d'accessibilité. Les obstacles en hauteur, les pièges visuels ou encore les marches isolées et non signalées sont fréquentes. Des petites adaptations, pas forcément onéreuses d'ailleurs, pourraient simplifier les déplacements de beaucoup.

Un aménagement qui est juste ne demande pas forcement beaucoup de moyens mais toujours une bonne connaissance du handicap.

Propos de Cécile FONDEUR
fin de la page. Date de la dernière mise à jour : 19 juin, 2004 .

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