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page 1 : couverture Photo Qu'est cette chose noire qui me lèche et qui occupe ma place dans les bras de maman ? J'ai appris à la nommer : ALTESSE ....
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L'année 1986 a eu un meilleur départ que 1985 où nous
avions eu de mauvaises conditions climatiques en janvier et février
; nous espérons donc sortir davantage de chiens-guides.
Des problèmes se poseront quand même durant toute cette année avec l'aménagement de la ferme dont nous avons fait l'acquisition à Wasquehal.
Après l'obtention du permis de construire, nous pourrons commencer les travaux de notre nouveau centre Paul-Corteville qui pourra se réaliser grâce à vos dons.
J'espère vous donner de bonnes nouvelles de l'avancement des constructions dans notre prochain bulletin.
Maurice TIRLEMONT
II est une Association avec laquelle nous entretenons d'excellentes relations, et dont nous souhaitons vous entretenir.
II s'agit de l'Association " PERLE" qui s'est donné pour but de regrouper les propriétaires de chiens de toutes races, afin d'organiser des collectes de sang pour disposer d'une réserve accessible à tous les vétérinaires de la région.
Les membres adhérents sont convoqués une ou deux fois l'an dans le local de l'Association où un vétérinaire effectue les prélèvements. Au premier don, le groupe sanguin est déterminé et un examen de santé est établi à chaque don.
Le sang ainsi prélevé est entreposé dans une chambre froide accessible aux vétérinaires ; ainsi tous les membres, donneurs ou non, peuvent-ils recevoir gratuitement, pour leurs compagnons, du sang en cas de nécessité.
Si vous êtes intéressés. vous pouvez vous adresser à :
Association " PERLE .
Madame FEUX, présidente
66, rue du
Blanc-Seau
59200 Tourcoing
Tél. 20.26-48.09,
Monsieur et Madame Paul CORTEVILLE à l'honneur.
Le samedi 30 novembre 1985, dans la salle de réception de la Mairie de Wasquehal, en présence du Conseil d'administration, du personnel du Club des Flandres et de nombreux amis, Madame CORTEVILLE recevait en son nom et celui de son mari la Médaille d'encouragement au Bien.
C'est Monsieur VANDERSYPE, délégué par Monsieur POHER, président des maires de France et de la S.E.A.B., qui remit cette distinction à Mme CORTEVILLE, dont il souligna les mérites et ceux de son mari.
Quant à Monsieur VIGNOBLE, maire de Wasquehal, il devait tout d'abord se féliciter de cette marque honorifique réservée à ses citoyens avant de les remercier très vivement pour leur dévouement;
A la suite de la manifestation dont il est fait état ci dessus et des fêtes de fin d'année, (le nombreuses marques d'amitié et de sympathie nous sont encore parvenues.
Très touchée, j'ai tenu à y répondre personnellement mais devant ce volumineux courrier, s'il m'était arrivé d'oublier l'un d'entre vous, je le prie de bien vouloir m'en excuser.
Paul continue à être informé des grandes lignes du fonctionnement du Club et notre voeu à tous deux est, qu'avec ses nouvelles installations, l'on puisse accroître le nombre de chiens-guides attribués chaque année et diminuer autant que possible les délais d'attente.
A vous toutes et vous tous, amis du Club des Flandres, j'adresse notre fidèle amitié et notre meilleur souvenir.
P. et M. CORTEVILLE
Monsieur CESCUTTI et Monsieur GROUX sont arrivés le même jour pour faire leur stage et recevoir respectivement, ROUPHI et CAPUCINE.
Monsieur CESCUTTI apprécie de plus en plus le travail de ROUPHI qui, dit-il, a fait d'énormes progrès depuis 5 6 mois. Très humoriste, il ajoute : " son maître aussi " en effet, ne sortant pratiquement jamais seul. Bernard n'avait pas le sens de l'orientation : il a été obligé de travailler autant que son chien-guide pour retrouver ses parcours et les commander à son chien. Ses efforts sont maintenant récompensés : " Je me suis toujours débrouillé pour rentrer chez moi le soir, mais maintenant nous y arrivons beaucoup plus vite, car nous ne faisons plus le tour de la ville... nous prenons aussi le bus, et hier, nous sommes allés dans une rue piétonnière emplie de passants : tout se passa très bien.
Bernard est standardiste, ses collègues adorent le compagnon de Bernard, et ils l'ont prouvé par leurs nombreux parrainages.
Bernard se. plaint du manque d'intérêt qu'on lui porte depuis qu'il a ROUPIII : " Quand je pars le matin, j'entends : - Ça va ROUPHI ? J'arrive au travail Bonjour ROUPHI, je rentre chez moi : Bien travaillé. ROUPHI, pas trop fatigué ROUPHI ? et moi, alors dans tout cela !!"
Monsieur GROUX, quant à lui, sortait beaucoup avec sa femme, donc pas de problèmes pour se situer. CAPUCINE l'a tout de suite adopté, et toute la famille le lui rend bien. II est vrai que CAPUCINE est très attachante. Elle attire la sympathie avec ses yeux bruns foncés qui luisent comme des billes... Elle en profile quelquefois pour n'en faire qu'à sa tête, par exemple, chez le boucher, mène si son maître n'a pas besoin de viande, elle y entre quand même pour quémander son rond de saucisson...
Gérard vient souvent nous rendre visite, en prenant le train avec CAPUCINE, " Je suis heureux rie pouvoir me rendre partout et en sécurité, et je vous le montre en venant régulièrement vous voir. "
Eliette nous est arrivée, avec sa bonne humeur et son accent du midi.
Malgré la fraîcheur du mois de mars, elle a voulu tout de suite
enfiler son survêtement et travailler avec sa chienne guide. Elle nous écrit
: ULINE m'a apporté dynamisme et santé... je ne sortais presque
plus car, au bout de 500 mètres j'étais essoufflée et
je n'en pouvais plus ! Maintenant, je fais environ 3 à 5 km par jour
avec ULINE, qui me guide partout : au bord de la route nationale, sur des
sentiers caillouteux, dans les bois, elle me fait éviter tous les obstacles,
aussi bien les ronces dans les bois que les bouses de vaches dans les chemins
qui mènent aux prés...
J'ai un ami non-voyant qui hésitait à faire une demande de chien-guide, il n'y croyait vraiment pas... Dés que je suis revenue avec ULINE, j'ai tellement vanté ses mérites qu'il est venu se rendre compte sur place. II a invité sa soeur à l'accompagner et ils m'ont suivie de loin, dans ma promenade : sa soeur lui décrivait au fur et à mesure les obstacles évités par ULINE.
Lorsque nous sommes rentrés à la maison, il m'a déclaré être émerveillé et convaincu de l'utilité rte posséder lui-même un chien-guide. II est maintenant sur la liste d'attente à Wasquehal. Nous espérons faire de longues promenades ensemble dés qu'il recevra son chien-guide.
Upin raconte.
Je m'appelle Upin et j'ai deux ans. Je ne vous décrirai pas mon caractère, vous le connaissez déjà. Je me contenterai donc de parler de mes rapports avec ma maîtresse et de la vie que je mène ici.
Je suis bien entouré ; si je reçois quelques " raclées " de temps en temps, j'ai droit aussi à beaucoup de càlineries. Je dois dire cependant que deux choses m'embêtent : la première, c'est de devoir toujours obéir ; la deuxième est que je ne m'habitue pas au fait que ma maîtresse ne me regarde jamais... Peut-être cela viendra-t-il plus tard. Il faut dire que je ne suis pas encore bien vieux, et ça fait seulement neuf mois que je vis avec elle.
J'ai beaucoup de succès ici, tant auprès des petits que des grands. Ma maîtresse a une amie qui m'adore et qui me considère même comme si j'étais son chien ! Je suis allé plusieurs fois chez elle, à 60 kilomètres d'ici, et là-bas encore, j'ai senti que tout le monde m'avait adopté. II paraît que c'est parce que j'ai une bonne tête et que je suis très mignon !...
A Nantes, chez la soeur de ma maîtresse, j'ai découvert une compagne de jeu, Tosca, avec qui j'ai tout de suite sympathisé. Je me souviens de la première fois que nous nous sommes affrontés : nos maîtresses nous tenaient en laisse car elles craignaient la bagarre ; nous les avons bien eues...
Ma vie se déroule paisiblement dans ce bourg que j'ai vite appris à connaître. Entre les sorties, les repas, les jeux, les voyages et ma sieste, ces gens que reçoit ma maîtresse, et avec qui naturellement je suis toujours empressé, je ne " chôme " pas.
En résumé, je dirai simplement ceci : le temps passe vite et je suis très heureux.
Le 14 février 1986
5 chiennes sont passées chez eux, et 4 sont maintenant chiennes-guides :
- SAMBA, remise à Madame BORIELLO de Marseille,
- SUBLIME remise à M.
CATHALA Francis d'Albi,
- ULLA, remise à Mademoiselle LAZREUG Nadia de Paris,
- AGATHE à Madame BEAUVOIS de Marcq-en-Barceul.
UTILE, qui s'est révélée être dysplasique, a été donnée à un particulier.
Depuis le mois d'octobre dernier, ils s'occupent d'ADAM, magnifique labrador noir.
Monsieur FOUREZ se charge de le sortir ; les commerçants de Tourcoing, quartier des Phalempins, sont habitués à le laisser entrer dans leur magasin, c'est une bonne chose pour son éducation, et nous les en remercions.
II doit avoir une horloge dans le ventre, nous dit Monsieur FOUREZ, tous les matins, il vient me réveiller je n'ai pas besoin de vérifier : il est 7 heures ! "
Mon travail, dit Madame FOUREZ, c'est la nourriture d'ADAM, je varie entre la viande fraîche-légumes et aliments déshydratés. Je sais que les non-voyants adoptent souvent cette solution, donc je les prépare à ce mode d'alimentation. "
Tout en nous parlant, elle caresse la tête d'ADAM qui est sagement assis près d'elle.
II y a quand même une lacune dans le comportement d'ADAM : il est très craintif, et malgré ses nombreuses sorties en ville pour l'habituer à la circulation, nous ne constatons pas de réels changements. "
" Nous espérons que vous pourrez corriger ce défaut, lors de sa rentrée au Club, ce serait malheureux qu'ADAM ne puisse devenir chien-guide, il est tellement gentil... "
Nous remercions Monsieur et Madame FOUREZ de leur dévouement à notre Association.
En 1986, un reçu est délivré systématiquement pour tous les dons enregistrés, quelle que soit leur importance.
Nous vous rappelons que le service des impôts autorise la déduction des dons jusqu'à 5 % du montant des revenus, pour les Associations reconnues d'utilité publique.
C'est maintenant TSARAH qui conduit Monsieur TRIS TRAM dans les rues d'Outreau. Tout va bien pour eux.
Si TSARAH a pu venir remplacer PRINCESSE, c'est grâce à l'amabilité de Madame HUMETS qui a accepté de s'occuper de PRINCESSE... qui devenait aveugle et ne pouvait plus servir efficacement son maître. Nous remercions cette dame de nous avoir dépannés, car nous aurions dû nous-mêmes la reprendre pour la replacer, ce qui n'est pas toujours facile pour une chienne de 13 ans. Madame HUMETZ s'occupe d'un salon de toilettage à Outreau et nous dit que PRINCESSE coule des jours heureux, avec ses autres animaux ; nous espérons avoir une photo à reproduire dans notre prochain bulletin.
II nous est souvent demandé ce que nous faisons des chiennes-guides âgées qui ne peuvent plus faire correctement leur travail : bien souvent, les maîtres les gardent comme chien de compagnie, ou trouvent des voisins ou amis qui veulent bien accepter cette charge si une solution n'est pas trouvée auprès de son entourage, nous nous chargeons de placer la chienne, mais il ne se trouvera jamais une chienne-guide à la L.P.A. nous pensons qu'elles ont amplement mérité de finir leurs jours en famille..
Quant aux chiennes-guides qui doivent être malheureusement euthanasiées, elles ne le sont qu'avec notre accord. Notre vétérinaire, le Docteur Vandeputte, de La Madeleine, accepte toujours de prendre contact avec le vétérinaire de la chienne-guide en question et, après concertation, ils prennent une décision, qui nous est communiquée.
UKRAINE chez Mademoiselle BLOT Yvette (Saint-Dié)
Lorsqu'un éducateur reconduit un stagiaire avec son chien-guide, à son domicile, il ne manque pas de rendre une visite aux non-voyants résidant dans les environs.
C'est ainsi qu'en se déplaçant pour le stage de Madame CHEVALME, qui demeure près de Thaon-les-Vosges, son éducateur l'a conduite à Saint-Dié pour y rencontrer Yvette BLOT et sa chienne UKRAINE.
Yvette est heureuse d'avoir retrouvé son indépendance avec sa nouvelle chienne-guide, elle a repris ses voyages, sans problèmes et sans craintes.
La semaine dernière, je suis allée faire des courses dans une rue assez fréquentée, c'était la première fois, et j'ai demandé à UKRAINE de me conduire à un magasin précis : nous sommes arrivées au bout de la rue sans qu'elle m'ait arrêtée. Je lui ai dit : UKRAINE, on a loupé le magasin ! Elle m'a fait faire demi-tour et elle s'est arrêtée posant sa patte sur la marche de la première boutique ; ce n'était pas le bon endroit, elle est repartie et a continué son manège chez chaque commerçant, attendant mon verdict à chaque station ( il n'y a que chez le boulanger-pâtissier qu'elle a résisté avant de se remettre en route... par contre elle est passée au-dessus du café...)
Je suis quand même entrée chez un commerçant pour me renseigner, et j'y étais sans le savoir ! mais maintenant je puis y aller sans difficulté, UKRAINE saura m'y conduire.
Vous nous avez souvent questionné au sujet de PENNEY, aussi, c'est avec plaisir que Mademoiselle BLOT s'est fait tirer en photo avec sa chienne guide UKRAINE, mais également avec PENNEY et Madame GROCOLAT qui s'est chargée de la chienne de son amie.
Yvette nous dit qu'elles s'entendent très bien, la photo ci-contre le prouve.
MÉDITATION
Tu ne connais pas ton bonheur, de pouvoir cueillir une fleur !
C'est si
facile avec ses doigts... Pense à ceux qui n'en font pas !
Tu ne connais pas
ton bonheur, de l'exprimer selon ton coeur,
C'est si facile avec la voix...
pense à ceux qui ne le peuvent pas !
Tu ne connais pas ton bonheur,
la nature dans sa splendeur s'offre à toi, Regarde-la...
Pense à ceux
qui ne voient pas !
Tu ne connais pas ton bonheur ; être aimé par l'âme soeur,
pouvoir la serrer dans ses bras...
pense à ceux qu'on n'aime pas !
Tu ne connais pas ton bonheur : écoute cet oiseau siffleur, trouve-t-on
plus beau que ce chant-là ?
Pense à ceux qui n'entendent pas
!
Prends conscience de ton bonheur : estime sa valeur,
Alors, tu te trouveras
très heureux, si tu penses à tous ceux-là !
envoi de
Madame EMPAIN de Maubeuge.
début
page 12
Chers amis du Centre
J'ai IVONNE depuis mai 85. Depuis qu'elle est devenue ma fidèle compagne, elle m'est indispensable. Grâce à son aide je peux de nouveau sortir.
L'apprentissage des parcours en campagne fut assez difficile ; maintenant encore, il lui arrive de se tromper dans un croisement. Je dois dire que je n'ai aucun poteau indicateur de nulle sorte.
IVONNE est très douce, très familière avec ceux qui viennent chez moi.
J'ai une petite chatte avec qui elle s'amuse. Elle met la tête du chat dans sa gueule, sans lui faire mal. IVONNE aime beaucoup jouer avec des bûches de bois, elle les ronge et les éparpille dans la cour. Elle n'aime pas me voir tenir le fil de fer de l'étendage à linge, elle aboie bizarrement, saute pour l'atteindre avec sa gueule.
Étant donné, la neige, l'état des routes, je sors moins. Auparavant nous faisions six à dix kilomètres environ journellement et cinq jours par semaine, sur trois ou quatre itinéraires différents. Elle a eu le rappel de la rage à la date prévue. Elle a grossi (30 kg). Je n'ai pu vous signaler que quelques faits de la vie quotidienne d'IVONNE. Beaucoup d'aveugles sont déjà venus me voir en promenade avec Ivonne, je leur parle des services qu'elle me rend. J'essaie de vous faire connaître de mon mieux.
Chers Amis du Centre. Monsieur Corteville, éducateurs, personnel administratif, je vous adresse d'abord un grand remerciement pour l'accueil, la sympathie, la compréhension, que j'ai trouvés près de vous tous, pendant mon stage au Centre. Les patients exercices de l'éducateur m'ont familiarisée avec IVONNE.
Si actuellement, je désire obtenir encore autre chose d'IVONNE, il n'en reste pas moins certain que sa venue dans ma vie m'a redonné le goût de vivre le plus normalement possible, étant donné l'indépendance acquise pour circuler.
Chers Amis, avec ma gratitude recevez toutes mes amitiés.
Georgette le 6 février 1986
Pour une meilleure gestion, toutes les fiches, dont la vôtre, ont fait l'objet d'une numérotation en informatique.
Ce numéro figure en haut et à gauche de l'étiquette d'identification collée sur le bulletin qui vous parvient avec le petit journal.
Nous vous serions reconnaissants de le mentionner dans toute correspondance que vous pourriez nous adresser.
D'avance merci.
CHÈQUES POSTAUX
Malgré nos demandes réitérées, certains de nos adhérents adressent directement leurs chèques postaux aux C.C.P. Dans le cas où il vous est impossible de faire autrement, voulez-vous avoir l'obligeance de noter au dos de votre chèque, partie " CORRESPONDANCE ", votre numéro de 6 chiffres qui se trouve en haut et à gauche de votre étiquette adresse ? Ceci nous aiderait considérablement dans nos recherches.
D'avance nous vous en remercions.
Le secrétariat
Minimum 20 F par carte de parrain ou marraine.
Adressez vos demandes à :
CLUB DES CHIENS-GUIDES DES FLANDRES Boite Postale 37, 59441 WASQUEHAL CEDEX
VAMBA
VIBORG
VERA
VALENTIE
Minimum 20 F par carte de parrain ou marraine.
Adressez vos demandes à :
CLUB DES CHIENS-GUIDES DES FLANDRES Boite Postale 37, 59441 WASQUEHAL CEDEX
VENUSIA
VILMA
VIDOCQ
VOLGA
Madame DURIEUX et Valdor
Entrée le 18 mai 1985 au Club, Stéphanie s'est très vite intégrée à notre équipe.
Les non-voyants qu'elle a accueillis sont unanimes " elle est très gentille et elle fait de l'excellente cuisine ".
Ses filles, Karine et Valérie, sont des " amoureuses " des bêtes : les chiens, après le départ des éducateurs, apprécient leurs visites et leurs friandises.
Quant à Monsieur DURIEUX " fana " de la photo, il ne manque aucune occasion lors de ses loisirs de coucher sur la pellicule les animaux qu'il affectionne plus particulièrement.
N'oublions pas " Valdor ", chien de la famille, devenu la mascotte du Club. C'est un magnifique berger belge qui admet sans difficulté les chiens-guides et leurs maîtres non-voyants à la table de sa maîtresse.
Le but de ce journal est, bien entendu, de vous informer des anecdotes concernant les chiens-guides et leurs maîtres, mais aussi de favoriser les relations entre voyants et non-voyants, qui sont parfois, hélas, assez tendues, les voyants se plaignant de l'agressivité de certains aveugles, et les non-voyants se rebellant contre tout sentiment de commisération ou de pitié à leur égard, et regrettant l'incompréhension des voyants en règle générale.
Notre rôle, pensons-nous, ne se borne pas à la simple éducation des chiens-guides, mais doit s'étendre aussi à l'éducation de ceux qui y voient, vis-à-vis de ceux qui sont dans le noir, et vice versa.
La première règle d'or impose aux voyants de considérer absolument les aveugles, non comme des êtres à part, devant lesquels on baisse le ton et on hésite à parler, mais comme ce qu'ils sont, c'est-à-dire des semblables, qui doivent faire face aux mêmes problèmes journaliers que nous, qui ont des opinions sur les faits politiques, sociaux, économiques, etc.
II est faux de penser qu'un non-voyant est un infirme qui se désole intarissablement sur son sort, qui refuse de prendre part à la vie active, et qui désire se retrancher dans un univers étriqué, fait uniquement de souvenirs.
II suffit de penser qu'un non-voyant peut être mal adapté à sa cécité, ce qui lui donne une sensibilité ," à fleur de peau ". Grâce au concours d'écoles de rééducation d'une part, et à la compréhension et à l'aide intelligente de son entourage d'autre part, il pourra facilement se réintégrer à la vie active, sans complexe vis-à-vis des voyants, qui le traiteront d'égal à égal.
II y a le cas, plus douloureux, des aveugles tardifs, repliés sur eux-mêmes, qui, par excès de timidité, et par peur d'être considérés comme des bêtes curieuses, ne font pas l'effort d'aller au devant des autres, pour lesquels chaque réaction, plus ou moins intelligente (souvent moins que plus) des voyants est une blessure profonde et ineffaçable.
Eh bien, ceux-là ont soif de se fondre dans la société, de mener une vie normale. II est donc de notre devoir de les y aider en leur apportant compréhension et chaleur humaine.
Nous vous signalons qu'à partir du bulletin n' 23 du mois de Novembre 86, le parrainage sera porté à 25 F.
Nos amis les chiens ne nous font de la peine que lorsqu'ils meurent..., cette pensée de Pascal, reproduite au dos de notre bulletin n" 19, vous a plu, votre courrier nous l'a prouvé, aussi, nous vous proposons, dans le même genre, sur papier parchemin, format 21 x 29,7, une petite dissertation sur l'homme et le chien " L'ceuvre du sixième jour ".
Vous trouverez ci-dessous, quelques lignes de ce texte, rempli d'humour :
Dès que le chien fut créé, il lécha la main du
Bon Dieu et le Bon Dieu le flatta sur la tête.
- Que veux-tu Chien ?
SEIGNEUR BON DIEU, JE VOUDRAIS LOGER CHEZ TOI, AU CIEL, SUR LE PAILLASSON, DEVANT LA PORTE.
- Bien sûr que non, je n'ai pas besoin de chien puisque je n'ai pas encore créé les voleurs !
QUAND LES CRÉERAS-TU SEIGNEUR ?
- Jamais, je suis fatigué. Voilà cinq jours que je travaille, il est temps que je me repose. Te voilà fait, TOI, Chien, ma meilleure créature, mon chef-d'oeuvre, Mieux vaut m'en tenir là... Va Chien, va vite t'installer sur la terre. Va et sois heureux.
Le chien poussa un profond soupir :
QUE FERAI-JE SUR LA TERRE, SEIGNEUR ? etc
Nous ne disposons que d'une centaine d'exemplaires, que nous adresserons sur demande, contre un don de 25 F.
Chers amis,
Voici sept mois que VYPSIE est arrivée dans mon milieu familial. Malgré les quelques difficultés d'adaptation, dues au nombre de personnes (sept en tout) habitant la maison, elle s'est très bien habituée dans toutes les situations, aussi bien en ville que dans le milieu agricole dans lequel je vis actuellement.
Dans les mois suivant son arrivée, j'ai remarqué son intelligence et son instinct de mère, car elle a pris en adoption des canetons naissants et, quelques mois plus tard, elle a fait la même chose avec un petit chat. Les canetons se trouvant dans un carton, elle les prenait délicatement dans sa bouche et les déposait sur le sol entre ses pattes, ce qui nous a surpris de la part d'un chien.
Ne connaissant pas Toulouse, elle a très bien retenu les divers trajets que je lui ai enseignés. Elle est très affectueuse et très gourmande, ce qui lui a fait prendre quelque kilos.
Elle est très efficace au niveau de mes déplacements qui s'effectuent plus rapidement qu'avec une canne blanche.
Je profite de cette lettre pour remercier les parrains, marraines, tuteurs de VYPSIE, et tout le personnel du club sans qui je n'aurais pu me déplacer si facilement.
Mirandol, le 6 février Jean-Michel
Affronter une panne d'électricité sans le secours d'une bougie ou d'un moyen de dépannage, traverser un tunnel dans le noir, c'est pour nous, vivre des minutes bien longues. Cela ne peut cependant donner qu'une idée bien imprécise de ce que peut être la condamnation à passer toute une vie dans la nuit, sans remède, ni fin.
Celui qui n'a pas l'usage de la vue a besoin d'amitié, de compréhension, souvent d'aide mais non pas de compassion maladroitement exprimée, encore moins de sensiblerie, qui ne conduit à rien d'efficace pour lui. Les manifestations intempestives de pitié risquent de le blesser.
II a sa dignité, et, souvent, pour ne pas dire toujours, le désir d'assumer seul ou presque la charge de son handicap.
C'est alors que le chien-guide devient le compagnon idéal. Sans qu'il soit jamais besoin de le solliciter, il est toujours à la disposition de son maître pour lui apporter son aide et il met une sorte de joie à se rendre utile.
II n'en attend, comme remerciements, qu'une caresse ou un mot aimable, lorsque, son travail terminé, il redevient un simple chien, comme les autres.
Dans notre bulletin numéro 20, nous avions reproduit la lettre de Monsieur et Madame Bisch concernant la mort de leur chienne guide MIRA qui, nous le savons bien, ne sera jamais oubliée.
Depuis, Monsieur BISCH a reçu une nouvelle guide, berger allemand également, VIDZY, sur laquelle ils ont reporté toute leur affection :
" VIDZY est une chienne très vive, très alerte, et tout l'intéresse ; très sociable, elle s'est fait beaucoup d'amis dans notre entourage : comment ne pas l'aimer... et se laisser prendre à son charme !!!
Son maître est très satisfait de son travail et lui fait toute confiance. II lui arrive de temps à autre, de vouloir marcher à gauche de la route : nous l'attribuons simplement à un des traits de son caractère : l'originalité par laquelle souvent elle nous étonne. VIDZY adore les enfants et, tout à son aise, elle s'est promenée l'autre jour dans les salles de l'école toute proche où elle nous a rejoints : elle n'a pas eu du mal à ouvrir la porte du jardin !! Cette liberté nouvelle semblait lui plaire car, deux fois de suite, elle est allée faire une escapade nous avons compris qu'il valait mieux tourner la clef !!!
Nous constatons avec joie que VIDZY est heureuse parmi nous. Elle a facilement pris les habitudes de la maison. Pendant l'hospitalisation de FREDERIQUE, chaque fois que nous étions au téléphone, elle venait se coucher à nos pieds, il nous semblait qu'elle comprenait ce qui se passait... Mais je ne pourrais vous décrire avec quelles manifestations de joie elle a accueilli notre fille à son retour : nous en étions saisis d'émotion !!!
A l'heure où je vous écris (22 h) VIDZY s'est installée sur notre lit ; c'est PHILIPPE qui, une première fois, l'a appelée... et manifestement elle apprécie ! Nous n'avons pas eu le courage de la chasser, alors, tous les soirs, elle nous attend... mais après quelques caresses, elle va s'installer sagement sur son tapis.
Sur ce, nous allons rejoindre notre brave VIDZY...
Monsieur et Madame BISCH
Maintenant que nous l'avons depuis plus d'un an, nous pouvons vous affirmer qu'UBAYE me donne entière satisfaction.
Certaines personnes se demandent si nos compagnons sont intelligents, moi, je peux vous assurer qu'UBAYE a une intelligence au-dessus de la moyenne, elle nous étonne de jour en jour. Non seulement elle nous montre de l'affection mais elle nous protège, nous surveille, et même parfois nous donne des conseils.
Ainsi, elle a l'habitude, quand je ne suis pas là, ou la nuit, de dormir dans mon fauteuil.
Hier, mes enfants sont venus, la discussion allait bon train quand, vers 1 heure du matin, UBAYE me donna de sérieux coups de pattes. Je compris tout de suite ce qu'elle voulait me dire : " dis donc, demain tu te lèves à 5 heures, tu n'as plus que quatre heures à dormir et moi aussi, alors dis-leur de partir et laisse moi ton fauteuil ".
Ma fille n'y croyait pas vraiment. Je me suis donc levé pour m'asseoir sur une chaise. UBAYE se leva immédiatement pour prendre ma place mais, voyant que ce n'était que pour voir sa réaction, et se trouvant toute bête devant nos rires, descendit du fauteuil et, les oreilles basses, alla vers ma fille et lui fit comprendre par ses grands coups de pattes qu'elle ne rigolait pas,. et qu'il était vraiment temps d'aller se coucher.
Elle utilise souvent ce moyen quand je reste plus longtemps que d'habitude
devant la télé ; elle me rappelle à l'ordre...
II y aurait tant de choses à raconter sur ma chienne guide que cela
pourrait prendre des heures...
UBAYE tient maintenant une part entière dans la famille et nous l'admirons tous pour sa gentillesse, son intelligence, et son calme : elle nous fait souvent penser à un "sage "...
Comme vous avez pu le constater, la carte de Membre adhérent est renouvelée chaque année. II n'est donc plus nécessaire de nous retourner l'ancienne lorsque vous envoyez votre cotisation.
début page 23UNDY et Marthe CHEVALME
MARTHE et UNDY ont fait la " une " des quotidiens, les articles ne reflètent pas toujours l'entière vérité, mais nous désirons aussi faire part à nos adhérents de la nouvelle vie de MARTHE.
Nous avions parlé d'elles dans notre précédent bulletin. Marthe a été la première non-voyante accueillie au Club par Monsieur DESREUMAUX, qui venait de prendre la direction du Centre de WASQUEHAL.
Undy a été parrainée par beaucoup d'adhérents, et, parmi eux, un non-voyant qui attendait son chien-guide. Monsieur André SIRVENS s'est intéressé particulièrement à sa filleule et nous a demandé de lui communiquer les nom et adresse de sa maîtresse.
II s'est établi entre eux une correspondance assez suivie, si bien qu'ils ont voulu mieux se connaître. Marthe décide donc d'accepter l'invitation de son correspondant et se rend pour quelques jours à Montpellier, avec UNDY.
Seulement le temps passe vite, ANDRÉ fait visiter sa ville à MARTHE, avec l'aide d'UNDY qui les fluide.
Sans le savoir, elle a réuni ces deux êtres qui ne veulent plus se quitter, et le 21 décembre 1985, ils se marient à la mairie de Chavelot, domicile de Marthe. On peut maintenant voir le trio déambuler dans les rues de la petite ville : ils sont rayonnants de bonheur et UNDY en est très fière...
FANION
Ci-dessous fac-similé de ce fanion, imprimé recto-verso, qui
s'accroche au rétroviseur de votre voiture, ri qui vous est proposé contre
un don de 25 F.
NOUVEL AUTOCOLLANT
Pour lunette arrière de voiture qui est proposé contre un don de 5 F.
Après bien des hésitations, je décidais de lui faire faire la piqûre, et, c'est par un dimanche pluvieux qu'avec ma soeur et mon beau-frère nous prîmes le chemin de Burry, où habite le vétérinaire.
II fallait bien une demi-heure de route pour atteindre le bourg, et LÉLIA avait la tête sur mes genoux, comme pour une dernière caresse. Je ne sais si elle a pressenti ce qui allait lui arriver, de toute façon elle était trop lasse pour réagir, ses souffrances l'avaient complètement anéantie, seul son regard restait expressif et faisait mal...
Quant à moi, je n'ai pensé à rien pendant le trajet ; mon idée fixe était de la délivrer à jamais, et tout se déroula pour moi comme dans un rêve dont les détails resteront pour toujours gravés dans ma mémoire...
Ce fut très rapide : deux ou trois soubresauts et, lorsque sa tête se posa, c'était fini. Elle avait enfin trouvé le repos en s'endormant définitivement... C'était la récompense pour tout ce qu'elle avait enduré tout au long de son existence... J'ai eu beaucoup de mal à me remettre de sa mort...
Un chien c'est comme un être cher: on mesure le vide qu'il nous laisse lorsqu'il disparaît...
Après bien des hésitations, je me suis tout de même décidée à en reprendre un autre. Pourtant je pensais : "Ça ne sera jamais comme ma LÉLIA." Mais lorsqu'Il est arrivé, tenu en laisse par Didier, j'ai vu que c'était un gentil petit chien.
UPIN est son nom ; c'est un labrador noir, avec le poitrail et un bout de patte blancs. II m'a plu tout de suite avec son air naïf et un peu désorienté. J'ai vite appris à le connaître : très obéissant et sérieux lorsque nous travaillons ensemble, il est par ailleurs têtu, mais très affectueux...
Sans doute est-ce le contraste des traits de son caractère qui lui donne un charme particulier. Beaucoup de gens me disent : "Ce chien a quelque chose qui fait qu'on est obligé de s'y attacher."
En résumé, LÉLIA était trop soumise, et UPIN par contre, a une personnalité bien affirmée, il sait y faire... II est également grognon, gourmand, et recherche la compagnie des enfants: d'ailleurs, il portait auparavant un nom qui lui allait tout à fait : GAMIN...
Depuis qu'il est arrivé, la maison semble plus gaie, grâce à ses jeux et ses câlins...
Celui-là aussi mérite qu'on s'y attache et d'ailleurs c'est déjà fait. Lorsqu'on me demande lequel des deux me donne le plus de satisfaction, je réponds sans hésiter qu'UPIN est aussi dévoué que l'était LÉLIA, on lit dans son regard le même amour et la même confiance qui vont droit au coeur..
LÉLIA, UPIN, sont deux noms qui resteront à jamais gravés en moi. Aussi longtemps que je vivrai, je me souviendrai de chacun : l'une toujours prête à répondre à mon appel, et l'autre, bien qu'en grognant, venant se blottir, avec une touchante spontanéité. Je perds une chienne docile, mais j'en retrouve un autre tout jeune et plein de promesses...
II faut savoir accepter l'évidence : nos compagnons ne sont pas éternels et, même si on peut les remplacer, on aime celui qui arrive d'une façon différente.
Si l'homme est supérieur par son intelligence, le chien l'est par sa bonté.
"Les chiens ne nous font de la peine que lorsqu'ils meurent" a écrit Pascal, cette simple phrase exprime ce que valent ces compagnons que nous avons de la chance d'avoir auprès de nous...
Colette CHAUDRON
Elle aura lieu le 19 AVRIL 1986.
Nous recevons beaucoup de courrier vers le mois de mars pour nous demander la date de notre remise. Nous attirons donc votre attention sur le fait que cette date est d'ores et déjà décidée. Cette cérémonie débutera vers 11 heures, salle Gérard-Philipe, à Wasquehal (Capeau) et sera suivie d'un vin d'honneur.
Le déjeuner qui suivra cette manifestation devra être retenu avant le 10 AVRIL 1986, en adressant un chèque de 70 F par personne, au Club des Flandres.
L'année dernière, nous sommes très vite tombés à court des nouvelles cartes de voeux, et nous avons dû malheureusement en adresser des anciennes à beaucoup de personnes.
Nous les avons donc reprises cette année et espérons pouvoir cette fois satisfaire à toutes les demandes.
Elles vous seront adressées par lot de 3 pour 20 F.
Depuis de nombreuses années, et régulièrement, des dons nous proviennent sans que nous en sachions la source. Nous profitons de ce petit journal pour les remercier, sans précisions sur le lieu où le courrier est posté pour ne pas choquer ces anonymes, mais leur fidélité nous touche beaucoup...
Nous avons voulu, par ce bulletin, vous tenir au courant de la bonne marche de notre club.
Nous espérons que vous l'aurez parcouru avec intérêt. Si vous avez des suggestions à nous faire à son sujet, nous serions très heureux de les étudier. D'avance nous vous en remercions.
Après l'avoir lu, faites-le circuler parmi vos amis et connaissances. De même, si par suite d'une erreur vous en receviez plusieurs, nous comptons sur vous pour les utiliser au mieux en les faisant circuler.
Merci.
L'Aveugle
Elle n'a jamais vu la lueur du jour
mais elle verra toujours la pénombre du soir.
Elle ne verra jamais un oiseau s'envoler
mais elle aura toujours sa mélodie dans le coeur.
Elle n'a jamais vu son visage dans une glace,
mais ses mains de fée diront comment elle est.
Elle ne verra jamais un enfant courir vers sa mère
mais le sien n'aura pas
besoin de courir,
il viendra simplement vers elle
lui donnera la main
prendra la sienne et lui dira : maman tu viens ?
Elle ne verra jamais la couleur des yeux de son mari
mais elle saura que c'est lui
quand un jour elle sera très éprise.
Alors, voir ou ne pas voir, quelle est la différence
puisque que tout le monde sait :
sentir, aimer, vivre, sourire ou pleurer.
Fin du magazine.