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Photo : Madame ARGENTIN avec NHAO (Le-de-France).
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(photo) Monsieur Lenain avec Sandy devant le club, chienne parrainée par le fondation Sommer.
Mes Chers amis,
C'est toujours, vous le savez bien, avec un très grand plaisir que je vous retrouve chaque année si nombreux, lors de notre remise de chiens-guides, pour m'apporter, ainsi qu'à mes fidèles collaborateurs, vos encouragements.
L'an dernier nous vous avions proposé des briquets et des porte-clefs. Nous avons rencontré trop d'ennuis avec les colis égarés pour recommencer cette opération. II nous reste néanmoins quelques cartes de voeux, comme celles que vous aviez reçues l'an dernier, mais nous ne pourrons probablement pas satisfaire tout le monde. Si vous en désirez, veuillez donc vous presser, nous nous excusons à l'avance pour ceux qui les demanderaient et qui ne pourraient pas être servis. Quant aux porte-clefs, s'il vous arrive de les égarer, il est possible que ceux-ci soient adressés au club. nous en avons reçu deux récemment. Aussi nous vous invitons, en cas de perte à nous informer, en indiquant le nombre de clefs et une petite description de celles-ci avec la couleur du porte-clef. Peut-être aurons nous le plaisir de vous les faire parvenir!
Autre chose. Je vous rappelle que la visite du club est toujours possible, de préférence en semaine et si possible après avoir pris rendez-vous par téléphone au 72.52.79. Nous serons toujours très heureux de vous y accueillir
Ce jour-là, il y a de cela 22 ans. il était accompagné pour la première fois par un subtil et admirable chien guide. Blacky, berger allemand, très robuste et vaillant. II avait attendu 3 ans avant d'être appelé pour effectuer son stage. Mais laissons le parler :
" Nous sommes au printemps 1957. Tout est calme sur la route qui. à travers les Pyrénées, conduit à la frontière espagnole. Dans les buissons du bas-côté de la chaussée, un rossignol égrène quelques notes dans la fraîche douceur du matin. Des mésanges bavardent dans une cerisaie tandis qu'un coucou annonce le retour triomphal des beaux-jours. Devant nous, 12 kilomètres de côte,. cependant nous marchons d'un pas rapide et assuré. Blacky tire vigoureusement sur le harnais. se suis immensément heureux de retrouver cette montagne: ma montagne et je me sens pousser des ailes. Blacky aussi est heureux car il comprend déjà que tous les deux, nous servirons utilement nos frères handicapés. C'est pourquoi il veut me montrer qu'il accomplira. jusqu'à la limite de ses forces, la redoutable mission qui lui a été confiée.
La route monte toujours, mais notre allure ne faiblit pas. Nous rencontrons Thérèse : une fermière. J'échange quelques paroles avec elle, mais Blacky n'a que faire de nos bavardages. II tire puissamment sur le harnais et nous laissons Thérése sur place. C'est un véritable marathon. De lacet en lacet nous nous élevons. De la vallée le chant d'un coq et les rumeurs d'une basse-cour parviennent jusqu'à nous. Je revois les fermes blotties au soleil. dans un creux à l'abri de la Tramontane. Devant moi. je le sais, le Canigou dresse ses 2 800 mètres dans son écrin de neiges éternelles. Dans ma tête se précipitent les images de cette nature généreuse et sauvage, dont je connais tous les coins et recoins. soigneusement enfouis, les plus beaux souvenirs de mon enfance et de mon adolescence. Dans la fraîcheur du matin, les genêts, le thym et l'ajonc exhalent des parfums capiteux et enivrants. Ma joie est immense, pensées et souvenirs s'entrechoquent au rythme de mes pas. Soudain, alors que nous amorçons un tournant en épingle. Blacky s'immobilise. Pourquoi s'est-il arrêté si brusquement ? Je cherche avec ma canne, j'écoute, rien !
Autour de nous tout est calme. J'ordonne à mon compagnon d'avancer, pas le moindre mouvement. il est cloué au sol comme figé. II ne bouge pas d'un pouce. S'il n'était pas là, près de moi debout solide comme un roc, je croirais qu'il est mort. Qu'y a-t-il donc pour que mon compagnon ait adopté cette attitude ?
Pendant que je réfléchis à cette situation inattendue Thérèse a couvert la distance qui nous séparait et arrive à notre hauteur. Je lui demande s'il n'y a rien devant moi ? non répond-t-elle il n'y a rien. Je donne à nouveau l'ordre de Blacky d'avancer, mais en vain. Il n'y a pourtant rien dit alors à Thérése, ce chien est ridicule. Ridicule voilà le mot qu'elle n'aurait jamais dû prononcer, Ce mot me fait mal, d'autant plus mal que mon brave compagnon ne peut se défendre. C'est alors que je commets une erreur grave : celle d'obliger mon chien. Soudain celui-ci tire énergiquement et se met à avancer résolument en roulant des épaules, je comprends qu'il a décidé de franchir l'obstacle et de le culbuter si nécessaire.
Trois, six, dix pas, et en clin d'oeil nous sommes entourés d'abeilles, c'est une nasse visqueuse avec un bourdonnement infernal. J'ai l'impression que ma tête va éclater. Blacky se met a courir et je cours avec lui. Nous sommes dans un essaim qui traverse la route. II faut fuir! Que va-t-il se passer ? Allons nous tomber dans un ravin ?. 50 mètres plus loin. mon compagnon s'arrête et s'ébroue pour se débarrasser des insectes prisonniers de son poil. J'ai des abeilles partout, dans les cheveux, le pantalon, la chemise et je dois me dévêtir devant Thérèse qui n'a guère le temps de me contempler, car elle aussi est condamnée au strip-tease. Nous avons eu de la chance. car il s'agit d'un essaim. et les jeunes abeilles ne piquent pas. Je pouvais. avec une certaine fierté, dire à Thérèse que mon chien-guide n'était pas aussi ridicule quelle l'avait prétendu quelques instants auparavant. Ce fût une belle leçon 'humilité et pour moi, une leçon tout court. Quelques années plus tard, nous devions nous trouver dans une situation à peu prés identique je vous raconterai cela une autre fois.
Amis qui utilisez les services d'un chien-guide, faites entièrement confiance à votre compagnon à quatre pattes !
On a coutume de dire que le chien est le meilleur ami de l'homme, et c'est vrai, cependant je souhaite que, comme moi, vous découvriez que parfois, dans certaines circonstances, il peut également lui être supérieur.
Ce texte est signé Paul Santène, grand invalide de guerre, habitant Carcassonne, et utilisateur de chiens guides depuis 1957. Son guide actuel se nomme Flora.
(photo) Madame Hondet avec avec Fly, (Ile-de-France).De très nombreuses personnes n'ont pas encore pris conscience de l'éducation des chiens guides.
C'est ainsi que dans certains magasins on leur refuse l'entrée, tandis que dans d'autres, ils sont acceptés et jamais les propriétaires de ces magasins n'ont eu à se plaindre du comportement des chiens guides. Nous demandons à toutes les personnes qui peuvent avoir une certaine audience auprès des réfractaires, de leur assurer que nos chiens guides ne peuvent en aucune manière leur causer d'ennuis, bien au contraire, c'est le plus souvent un attrait pour la clientèle.
À Montpellier, un chauffeur de taxi a refusé de charger un aveugle accompagné de son chien-guide, se retranchant derrière le règlement de sa compagnie, les compagnies T.R.A.M.
Or nos chiens-guides ne doivent jamais occuper les coussins des voitures mais se coucher au pied de leur maître. Nous ne comprenons donc pas les raisons de ce refus. Nous pensons qu'un peu d'humanité arrangerait bien des choses !
Au moment de sortir notre bulletin nous avons la douleur (le perdre notre chef éducateur, Jean WATTEZ, âgé de 43 ans, décédé à la suite d'une courte maladie. Jean WATTEZ était un travailleur très consciencieux, très dévoué et bien apprécié de tout notre personnel. A sa veuve, nous présentons nos bien sincères condoléances.
Le dimanche 24 juin, dans le cadre de l'exposition canine de Paris, qui se tenait à la porte de Versailles,
les chiens guides d'aveugles français et suisses effectuaient des démonstrations.
II nous faut rendre hommage au courage des non voyants qui ont participé, malgré leur trac. Pour la plupart ils effectuaient, pour la première fois une telle démonstration, et se sont déclarés prêts à recommencer. Les chiennes-guides présentes étaient: Bonny, Dixy, Fly, Ouchka, Daisy, Pinto.
PUCE,
ORIANE,
FIDELE.
SUEYIN,
TSE-FA,
POLKA.
PETITES RÈGLES DE COURTOISIE.
Les chiens-guides d'aveugles ont leurs sympathisants qui ne tarissent pas d'éloges sur ces braves compagnons pleins de dévouement à l'égard de leurs maîtres non voyants. Ils ont aussi leurs détracteurs qui, eux, invoquent que les non voyants jouent la comédie avec lunettes noires et canne blanche et ne se servent des chiens guides que comme faire-valoir.
Que l'on soit pour ou contre les chiens-guides d'aveugles ne devrait pas faire oublier les règles élémentaires de bienséance et de courtoisie devant jouer entre tous, qu'ils soient voyants ou non voyants. Voici quelques conseils à ce sujet :
surtout pour se défendre s'il est attaqué de front. Son maître,
de par son handicap, ne peut lui être d'aucune aide. Plusieurs cas de
chiens-guides devenus agressifs après avoir été attaqués
par des chiens errants se sont produits. Le chien-guide préfère
alors prévenir les faits et ouvrir les hostilités, plutôt
que de les subir. Si le chien errant n'attaque pas, mais vient simplement
coller son nez sous la queue du chien guide, celui-ci incommodé, se
retournera et risquera de ce fait de mal éviter un obstacle, ou de
se faire houspiller par son maître qui croira à une distraction
de son guide. Les difficultés se corsent lorsque les chiennes guides
sont en période
de chasses. Les chiennes guides n'étant pas « opérées » leurs
maîtres non-voyants prennent soin, autant qu'ils le peuvent qu'aucun « incident » ne
se produise pendant les trois semaines critiques. Pendant leurs moments d'ébats,
les chiennes ne sont donc pas lâchées librement mais tenues au bout
d'une longe de 4 mètres elles sont également munies bien souvent
d'une mascotte. Ces précautions n'empêchent pas les chiens errants
de venir importuner les chiennes. Le non-voyant, dans ce cas, n'a que sa canne
comme moyen de dissuasion. Que pourrait-il faire d'autre puisqu'il se trouve
seul, face à une difficulté qui
risque de perturber le travail de son guide ? II n'en faut pas plus pour que
les badauds, qui se gardent bien d'intervenir pour apporter de l'aide, de peur
qu'on ne les remarque, et de troubler leur petite tranquilité, taxent
le non-voyant de brute sanguinaire, voire de faux aveugle ou même d'ivrogne.
Ces gens-là, calés le soir dans leur fauteuil, en famille devant
la télévision, sont à 100 lieues de penser à l'état
moral du non-voyant qui ne comprend pas tant d'ignorance, d'égoïsme,
d'étroitesse d'esprit et de méchanceté gratuite. A notre époque
où les gens se révoltent contre les injustices politiques à l'étranger,
où des défilés se forment en faveur de martyrs et de réfugiés
de tous pays, pourquoi ne pas regarder autour de nous et essayer, par un peu
de chaleur humaine de faciliter la vie des handicapés.
Bien que cette cérémonie se tint à la veille de la Pentecôte. elle attira un très grand nombre de sympathisants, dont beaucoup avait fait le voyage de Paris. C'est ainsi que nous nous trouvâmes plus de 90 au repas qui suivit la remise. Au cours de celle-ci, 14 chiennes furent annoncées ou présentées. La nouvelle salle qui nous avait été attribuée paraissait beaucoup plus accessible que l'ancienne. nous espérons pouvoir l'obtenir l'an prochain. :Nous envisagerons des à présent la date du 31 mai 1980, mais cette date sera confirmée dans notre prochain bulletin.
Lors d'une manifestation en Vendée, Monsieur Corteville s'est vu attribuer la coupe d'or du mérite canin. Le voici ci-dessous (photo) en compagnie de ce magnifique objet d'art.
Madame Coriton est depuis peu guidée par sa chienne berger allemand Polka qui figure d'ailleurs sur nos chiennes à parrainer.
Pour fêter l'arrivée de Polka dans la maison madame Coriton et son mari (également non voyant) décidèrent d'aller au cinéma au centre commercial de Créteil-Soleil. en compagnie bien entendu de Polka.
Petite difficulté, la caissière refuse l'accès de la salle à la chienne. Un responsable est appelé et signale le danger qu'il y aurait, pour le couple, en cas d'incendie pendant la séance et l'impossibilité pour eux de trouver une issue de secours.
Madame Coriton lui fit alors pertinemment remarquer que son marri et elle étant non voyants, ils n'éprouveraient aucune gêne de prendre place au tout premier rang pour se trouver ainsi près des issues de secours placées de part et d'autre de l'écran.
Ainsi fut fait, et tout le monde se félicita du résultat :
Monsieur et Madame Coriton d'avoir pu assister à leur séance de cinéma.
Le responsable du bon comportement de Polka.
et Polka d'avoir pu faire un bon somme pendant toute la durée du film.
(photo) Madame Rousselet avec Klio (filleule du Parisien Libéré)
Dans cette rubrique nous avons omis dans notre dernier bulletin de citer le Service Municipal d'Électricité de Tourcoing, dans lequel, avec l'accord du directeur, Monsieur Desmettre, un membre du personnel, Monsieur Derycke a effectué une collecte qui a rapporté plus de 1 500 Francs, réunissant en effet 118 parrainages.
Mais nous remercierons tout particulièrement le Lion's Club de Lille Faidherbe, qui avait doté d'un chien-guide la famille Mas de Lesquin. Le décès de notre ami Yves Mas, en 1977, âge de 52 ans a été suivi cette année par celui de son épouse, du même âge. Trois orphelines, l'une âgée de 27 ans, mais grabataire, a été placée par les soins du Lions Club dans un établissement spécialisé, les deux autres, âgées de 11 et 10 ans ont été prises en charge, jusqu'à leur majorité par le même Lions Club. Un grand merci à cet organisme.
Bien entendu nous n'oublierons pas le service vétérinaire des abattoirs de Lille qui nous procure la viande de nos braves pensionnaires. Nous avons pourtant été privés de viande pendant quelque temps, la boucherie Michel Kruger de Wasquehal nous a très gentiment dépanné, gracieusement, nous devons donc l'inclure dans nos vifs remerciements.
Également nous remercions les propriétaires du café " Au cheval volant "de Wasquehal, et ceux du café du Commerce, rue Nationale à Tourcoing. Dans ces établissements ont été en effet organisés des jeux au profit de notre club, jeux qui nous ont laissé un coquet bénéfice.
Le Club d'Ile de France qui se propose toujours d'adresser, sur demande, des photographies de chiennes-guides en formats 12x 18: 5 Francs, 18x24: 11Francs, 24 x 30: 15 Francs informe ses sympathisants qu'il n'effectuera plus d'envoi de photos comportant le non-voyant avec son chien, mais uniquement des portraits du chien-guide seul; cela comblera le désir, bien compréhensible de nombreux non-voyants qui ne souhaitent pas que soient distribués, dans toute la France, des clichés où ils apparaissent.
NÉCROLOGIE.
Nous avons eu à déplorer ce semestre le décès de notre ami, le colonel Olie, de Chambourcy. Monsieur Olie avait eu un premier chien guide il y a quelques années, celui-ci avait péri, probablement empoisonné, ce printemps. II lui avait été remis un autre guide « Nicky ». Notre ami n'en aura guère profité, décédé subitement 2 mois après .À la demande de la famille Nicky est revenue au club où elle sera remise prochainement à un autre aveugle.
(photo) Mademoiselle Nicole Legouest, avec Istane chienne parrainée dans notre bulletin n° 8 .
Fin du magazine.