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Rédacteurs Gaston LONCKE, M. Cl. DE BÉHAULT.
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Mes chers amis,
Au seuil de cette année nouvelle, je voudrais tout d'abord vous présenter mes meilleurs voeux ainsi que ceux de toute mon équipe. Que l avenir vous préserve de devoir un jour faire appel à nos services, c'est, je le crois, le meilleur des souhaits. J'ai été très heureux de voir, à Coubert, de très nombreux sympathisants, à l'occasion de l'inauguration définitive de ces locaux, et ceci malgré un temps assez maussade. Voici donc cette unité prête à fonctionner au maximum de ses possibilités, déjà de nombreux guides en sont sortis et nous espérons que l'avenir nous permettra de développer encore la production, sans nuire en rien à la qualité.
Nous recevons, tant à Wasquehal qu'à Coubert de nombreuses demandes de renseignements sur le fonctionnement de notre association. Nous avons donc édité un petit dépliant, que vous trouverez ci-joint, et qui répond aux questions le plus souvent formulées. Si d'autres questions, d'ordre général, vous intéressent, écrivez-nous, nous ferons en sorte d'y répondre par l'intermédiaire de ce bulletin. Nous pourrions ouvrir une rubrique lecteurs si cela vous semble utile.
Sur ce dépliant vous trouverez 8 chiennes à parrainer, à l'intérieur de ce bulletin vous aurez tous les renseignements qui les concernent, toutes ces chiennes nous ont en effet été offertes à l'âge prévu pour le début de leur éducation; elles devraient être remises aux intéressés au début de 1978. Nous sommes persuadés que nous avons là d'excellents éléments.
En espérant vous retrouver tous le prochain semestre, dans cette rubrique, je vous souhaite, avant tout, une excellente santé.
Depuis les premiers jours de Juillet 1977, la chienne Dixy guide les pas de Monsieur Dimitri Molossis, avocat grec, actuellement à Paris où il suit des cours de droit international privé.
Monsieur Molossis reçoit, bien sûr, de nombreux compliments concernant
la beauté de sa chienne, et il y est très sensible, mais sa femme
qui, comme tous les natifs du bassin méditerranéen, est assez
superstitieuse, craint que ces compliments ne soient empreints d'envie et n'apportent
« le mauvais oeil » à Dixy.
Obéissant à une coutume grecque Madame Molossis a fait venir spécialement
d'Athènes un pendentif représentant un petit oeil en verre, serti
d'un métal argenté, que l'on met, parait-il, couramment au cou
des bébés en Grèce, pour les protéger des regards
envieux, et l'a accroché au collier de la chienne.
Dixy peut donc maintenant accepter les compliments les plus flatteurs, puisqu'elle se trouve protégée des mauvaises influences.
Sur le document ci-dessous, tiré le 2 Octobre à Coubert, Monsieur Molossis se trouve à gauche de la stèle érigée à la mémoire de Monsieur Plécy.
(Photo inauguration de la stèle érigée à la mémoire de Monsieur Plécy )
Le but de ce journal est, bien entendu, de vous informer des anecdotes concernant les chiens guides et leurs maîtres, mais aussi de favoriser les relations entre voyants et non-voyants, qui sont parfois, hélas, assez tendues, les voyants se plaignant de l'agressivité de certains aveugles, et les non-voyants se rebellant contre tout sentiment de commisération ou de pitié à leur égard, et regrettant l'incompréhension des voyants en règle générale.
Notre rôle, pensons-nous, ne se borne pas à la simple éducation des chiens-guides, mais doit s'étendre aussi à l'éducation de ceux qui y voit, vis-à-vis de ceux qui sont dans le noir, et vice et versa.
La première règle d'or impose aux voyants de considérer absolument les aveugles, non comme des êtres à part devant lesquels on baisse le ton et on hésite à parler, mais comme ce qu'ils sont, c'est-à-dire des semblables, qui doivent faire face aux mêmes problèmes journaliers que nous, qui ont des opinions sur les faits politiques, sociaux, économiques, etc ..
II est faux de penser qu'un non-voyant est un infirme qui se désole intarissablement sur son sort, qui refuse de prendre part à la vie active, et qui désire se retrancher dans un univers étriqué, fait uniquement de souvenirs.
II suffit de penser qu'un non-voyant peut être mal adapté à sa cécité, ce qui lui donne une sensibilité à fleur de peau . Grâce au concours d'écoles de rééducation d'une part, et à la compréhension et à l'aide intelligente de son entourage d'autre part, il pourra facilement se réintégrer à une vie active, sans complexe vis-à-vis des voyants, qui le traiteront d'égal à égal.
II y a le cas plus douloureux des aveugles tardifs, repliés sur eux-mêmes,
qui, par excès de timidité, et par peur d'être considérés
comme des bêtes curieuses, ne font pas l'effort d'aller au devant des
autres, pour lesquels chaque réaction, plus ou moins intelligente (souvent
moins que plus) des voyants est une blessure profonde et ineffaçable.
Eh bien, ceux-là aussi ont soif de se fondre dans la société,
de mener une vie normale. II est donc de notre devoir de les y aider en leur
apportant compréhension et chaleur humaine.
Les chiennes que nous vous proposons en parrainage sur l'imprimé ci-joint nous ont été offertes : Modica, Moussia et Maloja, par Madame Guénard de Colmar qui nous les a elle-même apportées. Madame Guénard nous avait déjà offert Iakoute, qui guide Monsieur Buch d'Illzach; Iris qui guide Mademoiselle Agnès Wibaux de Lille et Isis qui guide Monsieur Gallet de Mulhouse. Ces trois chiennes labrador iront très probablement à des femmes aveugles. Nickie et Nigra nous ont été offertes par un jeune homme de 14 ans, Patrick André de Mulhouse, qui les a élevées avec l'aide de sa soeur. C'est Madame Guénard qui s'est chargée de les amener à Wasquehal.
Quant à Céline, Cécile et Odile, elles nous ont été adressées par Madame Gouello de Lorient.
Toutes ces chiennes nous sont parvenues, prêtes à être mises immédiatement en éducation, nous devons remercier vivement les donateurs, car il ne nous est guère possible, pour le moment, d'accepter des chiots, nos chenils étant notoirement insuffisants, et la proximité du voisinage ne le permettrait d'ailleurs pas.
Toutes ces chiennes s'avèrent très douées et devraient faire le bonheur de huit aveugles dans un délai assez court.
Cette prière, qui figurait au dos de notre calendrier de 1975 nous a été réclamée par de nombreuses personnes. Rappelons qu'elle figure également dans le livre de Monsieur Plécy « Les chiens du bon Monsieur Corteville ».
Nous avons décidé de la réimprimer sur notre calendrier 1978, espérant satisfaire ainsi de nombreuses demandes. Elle avait été composée par un aveugle à qui nous avions remis un chien-guide il y a bien longtemps. Cet aveugle avait toujours voulu garder l'incognito. II nous reste des exemplaires du livre cité ci-dessus, nous pouvons en faire l'envoi par retour du courrier contre 27 Francs à faire parvenir au Club.
Popsy vit dans un village de l'Aveyron, auprès de son maître, Monsieur Pierre Martin, lequel, outre son activité de kinésithérapeute, s'occupe également de sa ferme et plus particulièrement d'un petit élevage de chevaux. Monsieur Martin est un cavalier émérite mais jusqu'à présent sa cécité lui interdisait des chevauchées dans les endroits boisés et accidentés.
II a réussi à pallier à cet inconvénient depuis qu'il possède Popsy. Il a en effet appris à sa chienne à trotter devant les pattes de son cheval afin de lui montrer la meilleure voie à suivre.
Belle entente du cheval et de la chienne qui associent leurs efforts pour le plaisir de leur maître.
(Photo Monsieur Pierre Martin avec POPSY)
Madame Evelyne Robinet, accompagnée de s+ chienne Playa (photo à la une du bulletin numéro 2 ) vont souvent faire des courses dans les grands magasins. Playa se tient en général très sage et conduit au mieux sa maîtresse parmi les rayons.
II lui est arrivé cependant, à trois reprises, et bien sûr à des dates différentes, d'aboyer avec obstination, en fixant un client. Chaque fois, la vendeuse a eu la bonne idée d'interroger et de faire fouiller la personne visée et chaque fois il s'est avéré qu'il s'agissait d'un chapardeur...
« L'AVEUGLE »
Quand l'aveugle s'assied,
Son chien à ses pieds
Son chien qui halète après l'avoir promené
à travers les chemins, les routes, les sentiers,
évitant les cailloux, les cailloux et la boue,
il cherche de la main la toison de la bête
qui, comprenant son geste et le regard éteint
vient poser son museau fin sur les genoux de son maître.
Et l'on sent qu'un amour profond lie à jamais ces deux êtres.
Et l'homme se sent renaître, il reprend goût à la vie;
grâce au dévouement sans fin de son chien qui le conduit
de son chien qui voit pour lui ...
Ce poème nous a été adressé par Madame Ebe Hayat Lumbroso, femme de lettres et poétesse, grande amie des animaux, et qui a publié un recueil de poésies dont plusieurs sont dédiées aux chiens et chats qu'elle a eus.
Nous la remercions sincèrement d'avoir trouvé de si jolies rimes pour dépeindre l'amour et le dévouement du chien-guide pour son maître
(photo Un passage particulièrement difficile )
Madame Dominique Sanchez, guidée par sa chienne Lakmé, rentrait de voyage et se trouvait devant la gare Saintt Lazare, attendant un taxi.
Un taxi arriva mais le chauffeur refusa tout net de prendre en charge un chien qui, affirmait-il, salirait et dégraderait l'intérieur de son véhicule.II n'écouta pas Madame Sanchez qui lui assurait que Lakmé avait l'habitude des voitures et ne créerait aucun problème, ne montant pas sur les coussins et il invita d'autres clients, voyants ceux là, à prendre place dans sa voiture.
Cela ne se passa pas comme cela, heureusement, car les autres clients, prenant fait et cause pour Madame Sanchez, refusèrent de monter dans le taxi et menacèrent le chauffeur d'aller quérir un agent pour régler le différend. Un petit groupe de badauds qui s'était formé vint faire chorus en faveur de « Lakmé » et de sa maïtresse. Redoutant une petite émeute, le chauffeur fut contraint de prendre en charge la non-voyante et sa chienne-guide, tout en maugréant que l'on vivait une drôle d'époque, où un chauffeur de taxi n'était même plus maître chez lui . . .
Espérons que cet acte de solidarité entre voyants et non-voyants lui aura donné une petite leçon d'humanité.
(Photo Madame SANCHEZ avecLackmé)
Sur le trottoir, n'intervenez jamais, le chien évitera de lui-même tous les obstacles. Ne le distrayez pas de son travail.
Si, dans une circulation intense, un aveugle hésite à un carrefour, proposez lui de l'aider à le traverser. S'il accepte, un simple coude à coude est recommandé. Ne gênez pas l'aveugle en lui prenant le bras ou la canne, n'entravez pas la marche du chien.
Dans tous les autres cas où un aveugle peut se trouver en difficulté provisoire, demandez lui s'il désire être aidé, le plus souvent il préférera s'en tirer avec la seule aide de son chien. N'en prenez pas ombrage et n'insistez pas.
Merci.
(Photo Monsieur et Madame PLICHON tous deux aveugles avec VICA)
C'est celui qui nous a été adressé par une mère de famille qui a connu la grande peine de perdre son jeune fils. Elle avait constitué pour lui une tirelire qui se remplissait peu à peu.
Au décès de son enfant, cette mère nous adresse le montant de cette tirelire, destiné, dit-elle, à faire le bonheur que son fils n'aura pas eu. C'est là un geste merveilleux que nous n'avons pas pu passer sous silence. Nous garderons cependant l'anonymat de notre correspondante, que nous remercions de tout coeur.
Un autre de nos lecteurs nous suggère d'inciter nos membres bienfaiteurs à offrir pour les fêtes de fin d'année des cartes de parrainage à leurs parents ou amis, c'est bien sûr une solution à laquelle nous sommes très sensibles.
Depuis notre dernier bulletin, nous avons fait à Wasquehal une remise importante dont vous trouverez la photo sur le dépliant ci-joint.
II nous a malheureusement fallu remplacer deux chiennes disparues prématurément, malgré des soins attentifs qui leur avaient été prodigués. Monsieur Bernard, d'Avignon, a ainsi perdu son guide Samy, âgé de sept ans, à la suite d'une maladie infectieuse qui l'a emporté en deux ou trois jours. Nous lui avons remis la chienne Linda, filleule du Parisien Libéré.
Monsieur Morotti, de Lyon, a perdu sa chienne Altesse, malgré deux perfusions, Altesse était âgée de 6 ans. Monsieur Morotti a reçu une nouvelle chienne Mousmé.
D'autre part la chienne Laura, dont l'éducation était terminée (elle avait été remise à un aveugle de notre région) a été victime d'une maladie que les vétérinaires n'ont pu expliquer, et qui nous a obligés à la placer, elle n'acceptait plus, à aucun prix, le harnais. C'est Mitzie qui a donc remplacé Laura auprès de Monsieur Kaus de Somain.
Sultane a été remise récemment à Monsieur Paillard d'Haillicourt (Pas de Calais),
Ulla a été remise à Monsieur Bultel Jean-Paul de Thérouanne (Pas de Calais),
Netta à Mademoiselle Smagghe de Villeneuve d'Ascq (Nord).
Ces deux dernières chiennes avaient été parrainées par « La Voix du Nord ».
Mana a été remise à Monsieur Droulez de Tourcoing. Elle a été parrainée par « Nord Eclair ».
Maëlle a été remise à Mademoiselle Boucher de Brest.
Á Coubert, la remise concernait essentiellement des aveugles de la région parisienne.
Nessy a été remise à Madame Vimont,
Dixy à Monsieur Molossis,
Maggy à Mademoiselle Jeanne,
Jinny à Monsieur Morvant,
Mény à Madame Paimparé.
(Photo Le départ pour l'école.)
Fin du magazine.